La sécheresse fait flamber les prix des légumes dans le Jura
Cet été caniculaire et particulièrement sec a engendré une baisse de production chez les maraîchers. Sur les marchés, le prix des fruits et légumes a ainsi augmenté pour compenser cette perte de rendement. Exemple sur le marché de Lons-le-Saunier, dans le Jura.
Sur un étal du marché de Lons-le-Saunier (Jura), des haricots à 12 euros le kg. « D’habitude ce n’est pas ce prix-là », concède Didier, maraîcher jurassien. « Il y en a très, très peu cette année ». La sécheresse et les vagues de fortes chaleurs depuis le début de l’été ont provoqué une baisse de sa production de fruits et légumes. Comme d’autres, il se voit ainsi contraint d’augmenter ses prix pour tenter de limiter ses pertes financières.
Une hausse des prix qui fait réagir les consommateurs. « Le concombre à 2 euros pièce, quand même », fait remarquer Eva, une cliente de passage dans la région. « Les tomates, les concombres, les courgettes, tout a flambé ». Si elle admet « limiter un peu » ses achats, elle estime que les prix ne sont pas rédhibitoires au point de se tourner vers la grande distribution pour acheter ses fruits et légumes. « Là, on sait quand même d’où ils viennent. C’est important de faire travailler les petits producteurs ».
Un peu plus loin, nous croisons Michelle, une habituée des marchés. Elle aussi a remarqué que les prix sont « chers par rapport aux autres années ». « Mais on est content d’avoir le marché », soutient-elle. De leur côté, les producteurs exposent les raisons qui ont amené à la hausse des prix, à savoir les canicules à répétition et la forte sécheresse. « Ceux qui ont un jardin comprennent bien parce qu’ils n’ont rien chez eux, c’est tout abîmé », note Didier.
Côté maraîchers, la situation est préoccupante. « C’est tout sec », regrette Emmanuel Kovarik, soulevant une poignée de terre dans son champ à poireaux. L’agriculteur bio jurassien en a planté 4 000 il y a deux mois et demi. Aujourd’hui, il estime que seulement 2 500 ont survécu. « Ils n’ont quasiment pas poussé malgré les arrosages successifs au démarrage des cultures ».
Cette baisse de rendement a poussé le maraîcher à hausser le prix de certains produits pour tenter de rattraper ses pertes économiques. Pour les haricots qu’il fait pousser sous serre, les pertes s’élèvent à près de 40 % de sa production. « Pour ceux qui poussent dehors, on est à 60 voire 70 % de haricots perdus ». Emmanuel Kovarik a ainsi fixé le prix de ses haricots à 9 euros 50 le kilo, soit un euro de plus que la normale à cette période. « Le haricot en début de saison doit sortir en moyenne à 8,50 euros le kilo, au maximum à 10 euros le kilo », rappelle le maraîcher. La hausse des prix devrait également s’observer sur les fruits et légumes d’automne.
Source : France 3 Régions



