L’Extrême Droite : Gardienne de nos Entreprises. à Condition qu’elles Restent Françaises
Chapô
Le décret du 2 août, abaissant le seuil de participation étrangère dans les entreprises sensibles françaises de 25% à 10%, s’inscrit dans la volonté de protéger notre patrimoine économique face à des appétits étrangers. Si cela laisse croire à une montée en puissance des garde-fous étatiques, certains en tirent encore la couverture à eux, à commencer par l’extrême droite. Leurs discours mi-figue, mi-raisin ne doivent pas nous égarer. Révisons, chronologiquement, ce que recouvre leur rhétorique.
Les faits
Le décret publié permet à l’État de s’opposer à des prises de participations étrangères dans des entreprises qualifiées de « sensibles » dès qu’elles atteignent 10%. Auparavant, ce seuil était situé à 25%. L’objectif, officiellement, est de protéger des secteurs d’importance stratégique pour l’économie française. En d’autres termes, pendant que le monde entier se débat dans la bataille du capital, l’État rappelle qu’il tient à garder certaines clés sous le paillasson… ou plutôt, dans la poche de l’État.
Analyse
D’une main, le gouvernement pose un jalon protecteur, avertissant les investisseurs étrangers : « Pas si vite ! ». Mais de l’autre, il suscite l’étonnement chez les chantres de l’anti-capitalisme à la sauce RN (Rassemblement National), qui voient là une opportunité inespérée pour flatter leur base, tout en négligeant une vérité fondamentale : comment défendre des entreprises françaises sans elles ? Cette position est d’autant plus cocasse qu’elle révèle une inconsistance majeure dans leur discours : l’ultra-nationalisme économique, tout en prêchant une forme de protectionnisme incontrôlé, semble être leur bon vieux plat réchauffé, assorti d’une sauce à l’ignorance des marchés modernes.
Les arguments
Loin d’être une simple me administrative, ce décret marque un tournant dans l’approche de l’État vis-à-vis de son économie. C’est une réponse à la mondialisation effrénée et aux acquisitions de fleurons industriels par des acteurs étrangers, souvent perçus comme des loups affamés tournant autour de la viande fraîche. Pour les partisans de LFI, cette décision est une victoire, un pas décisif vers la souveraineté économique. La rhétorique de l’extrême droite, quant à elle, ne joue que sur la peur : « Les étrangers viendront voler nos employeurs ».
Ce qui frappe, c’est la contradiction inhérente à leur discours. Ils condamnent la dépendance économique tout en se parant d’une fierté nationale qui, pour fonctionner, aurait besoin de soutiens étrangers. C’est comme si l’on disait « Pas de fromage sur mon plateau, mais
De plus, en abaissant le seuil d’intervention, l’État garantit une meilleure surveillance sur des investissements qui pourraient ne pas être dans l’intérêt national. Le protectorat économique devient l’armure d’une armée parfois un peu trop peuplée de « Maréchal Pétain » et d' »anti-mondialistes » en culottes courtes.
Les contre-arguments
Face à cette avancée, l’extrême droite nous gratifie de quelques perles. Le principal contre-argument pourrait se résumer à une phrase lapidaire : « C’est l’anti-économie, ça ! » Ils brandissent l’argument du libéralisme, arguant que la liberté d’entreprendre est la pierre angulaire de notre dynamisme économique. Mais à quel prix ? Un dynamisme à l’aveugle ? Une situation où nos pépites industrielles finiraient après une simple prise de participation dans un portefeuille d’investissements souterrain, orchestré par d’honnêtes margoulins ?
Leur obsession de l’auto-suffisance n’a jamais été plus manifeste qu’aujourd’hui, alors que la réalité est tout autre. Les entreprises ont besoin d’investissements étrangers pour prospérer, innover et se développer. La sonnette d’alarme est tirée, et eux, dans leur bulle idéologique, continuent de prétendre les créer !
Ensuite, un autre critère de confusion demeure : la sensation de perte de souveraineté, encore brandie avec ferveur par les opposants au décret. « Où sont les grands patrons français ? », s’écrient-ils. Pourtant, à travers ce décret, l’État ne fait que redéfinir le cadre dans lequel nos entrepreneurs peuvent évoluer. Pour l’instant, cette évolution reste le cadre d’un protectionnisme nécessaire, réclamé par des milliers de travailleurs qui aspirent à une sécurité de l’emploi.
Conclusion
En somme, ce décret ne doit pas seulement être considéré comme un outil de protection face aux appétits étrangers, mais comme un appel à la lucidité face à la rhétorique séduisante de l’extrême droite. Une rhétorique qui, même lorsqu’elle se drape dans les oripeaux du patriotisme économique, ne fait que masquer des aspirations profondes à l’incohérence. En fin de compte, un décret n’est que du papier, mais la souveraineté économique, c’est un combat fatiguant et nécessaire.
N’oublions pas, chers lecteurs, qu’il s’agit ici d’une tribune d’opinion : l’humour est parfois la meilleure arme contre l’absurdité, et le ridicule, le seul remède à l’angoisse que nous inspire cet équilibre précaire d’un monde en mutation.

