SeaExplorer : À la découverte des grands fonds marins
Le SeaExplorer, un planeur français, s’engage dans l’exploration des fonds marins, un territoire largement inexploré qui suscite de nombreuses interrogations. Selon Emmeric Frejafon, chargé de mission Recherche et Innovation en géo-ressources, risques et climat au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « passés 200 mètres de profondeur, c’est un peu la grande inconnue alors que c’est un milieu qui joue un rôle crucial dans bien des domaines, en particulier en termes de régulation du climat et de biodiversité ».
Le programme France 2030, doté de 54 milliards d’euros, met également l’accent sur cette problématique à travers son Objectif n°10, qui prévoit une enveloppe d’environ 275 millions d’euros pour soutenir des programmes de recherche, des projets d’innovation et des missions d’exploration.
La France, grâce à ses territoires ultra-marins, possède la deuxième zone économique exclusive (ZEE) du monde, couvrant près de 11 millions de km². Cet espace maritime offre un terrain de jeu idéal pour la recherche publique, qui consacre 4% de son budget aux sciences marines, représentant environ 200 établissements pour 7 000 équivalents temps plein. Le secteur industriel, quant à lui, est dynamique avec de nombreuses start-ups, PME, ETI et grands groupes engagés dans la préservation des écosystèmes marins profonds, répondant à des enjeux environnementaux, économiques et sociétaux.
Cyrille Flamant, directeur adjoint scientifique du CNRS Terre & Espace, souligne l’urgence de la situation : « La première est scientifique et consiste à cartographier pour comprendre les dynamiques jusqu’à 1000 mètres de profondeur. La seconde est sociétale et vise à anticiper les impacts du changement climatique, de l’acidification des océans, des vagues de grandes chaleurs. On a là un vrai enjeu à pouvoir monitorer régulièrement ».
Ces efforts visent à mieux comprendre et protéger un milieu essentiel à l’équilibre de notre planète.
Source : La Tribune
