30 000 drones par an : l’allemand Schaeffler choisit le sud de Toulouse pour assembler les drones Delair
Le groupe allemand Schaeffler, acteur majeur dans le secteur des équipements automobiles, a annoncé qu’il commencera dès cet automne l’assemblage de drones sur son site de Boussens, situé au sud de Toulouse. Cette initiative vise à accompagner la montée en cadence de la production de Delair, un spécialiste toulousain des drones. Ce changement marque un tournant stratégique pour une usine qui a déjà connu plusieurs transitions, d’abord sous la bannière de Continental, puis de Vitesco, avant son acquisition par Schaeffler.
L’usine de Boussens, qui a été un centre mondial pour Continental dans le domaine des capteurs électroniques, a été intégrée à Vitesco Technologies en 2019. Depuis le rachat par Schaeffler début 2026, elle amorce un virage vers la production de matériel de défense.
Schaeffler a réalisé une offre publique d’achat (OPA) sur trois anciennes usines de Vitesco en Occitanie, incluant celles de Toulouse, Foix et Boussens, qui emploient au total 1 600 collaborateurs.
Nouvelle ligne d’assemblage
La nouvelle CEO France de Schaeffler, Marine Durix-Confrère, a récemment annoncé que le site de Boussens accueillera, dès novembre, une première ligne d’assemblage dédiée aux drones. Cette décision fait suite à un contrat signé avec Delair, révélé lors du salon Eurosatory en juin dernier.
« L’objectif est de soutenir Delair dans l’accélération de sa production à grande échelle de drones. Nous allons mettre à profit notre expertise en fabrication automobile et nos normes de qualité pour fournir des drones en plus grand volume aux forces armées françaises », a précisé la CEO.
À terme, l’usine vise une capacité de production de 30 000 drones par an, soit environ une centaine par jour. Ce contrat inclut la fabrication du programme Damoclès, qui représente la première munition télé-opérée française, également connue sous le nom de drone kamikaze, développée par KNDS et Delair. Ce drone a été validé par la Direction générale de l’armement (DGA) et est déjà en service dans l’Armée française. L’accord prévoit également la production du nouvel intercepteur de drones Aspik.
Schaeffler sera responsable de l’assemblage des différents composants et sous-systèmes fournis par les sous-traitants de Delair. Environ une trentaine de salariés, sur un effectif total de 250 personnes, seront mobilisés pour cette ligne à pleine cadence. À l’avenir, le groupe envisage également de produire des composants et systèmes en interne pour le marché des drones.
Source : La Tribune
