Scandale autour de la prime EDF pour les voitures BYD : tensions au sein du gouvernement français

« Quel scandale » : la prime EDF pour les voitures chinoises BYD fait exploser le gouvernement — Frandroid

La marque de voitures chinoise BYD a annoncé récemment bénéficier désormais de la prime CEE (bonus écologique français) pour l’ensemble de sa gamme électrique. Toutefois, cette prime pose problème à certains responsables politiques français pour des voitures électriques produites en Chine.

Essai BYD Dolphin G DM-i // Source : BYD

Au début du mois de septembre, BYD annonçait proposer désormais une prime CEE sur l’ensemble de sa gamme de voitures électriques grâce à un partenariat avec EDF. Toutefois, cette nouvelle a suscité des réactions au-delà du milieu de l’industrie automobile, notamment parmi les parlementaires.

Comment fonctionne la prime CEE ?

Pour comprendre la teneur du débat, il est nécessaire de rappeler ce qu’est la prime CEE, également connue sous le nom de bonus écologique.

Cette prime repose sur les certificats d’économies d’énergie. L’État impose aux fournisseurs d’énergie de financer des actions permettant de réaliser des économies d’énergie. Cela inclut des primes pour l’achat de voitures électriques, mais aussi l’isolation de maisons ou le changement de pompes à chaleur.

Cette prime CEE peut atteindre plusieurs centaines d’euros, comme celle d’EDF pour les BYD électriques : 365 euros pour les particuliers et 555 euros pour les professionnels. Elle peut également atteindre plusieurs milliers d’euros (jusqu’à plus de 8 000 euros) pour la prime « Coup de pouce CEE », qui remplace l’ancien bonus écologique, distribuée seulement si la voiture satisfait à l’éco-score.

Le SUV BYD Atto 3 Evo se décline en deux finitions seulement, la Design et l’Excellence pour le haut de gamme // Source : BYD

Étant donné que ses véhicules sont produits en Chine, les voitures vendues par BYD ne peuvent pas bénéficier de la prime CEE la plus généreuse, car elles ne sont pas « éco-scorées ». Néanmoins, l’obtention de la prime CEE pour les BYD électriques a suscité un débat au sein des instances parlementaires.

Une prime qui fait débat

Comme le rapportent nos confrères des Échos, le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a demandé à EDF de mettre fin à son partenariat avec BYD d’ici la fin de l’année, soulignant que « l’argent public des Européens doit d’abord soutenir notre base industrielle et nos emplois ».

Cette déclaration a entraîné plusieurs réactions au sein des assemblées parlementaires françaises. Le député de Place publique, Sacha Houlié, a exprimé son indignation sur X, s’interrogeant : « À quel moment une société 100 % détenue par l’État français favorise-t-il un industriel étranger (et pas n’importe lequel !) contre ses propres constructeurs ! À quoi servent les ministres en charge ! Quel scandale ! »

En effet, EDF est une entreprise publique entièrement détenue par l’État, qui a modifié les règles d’attribution du bonus écologique pour éviter de financer des véhicules en provenance de Chine et qui a également plaidé en faveur d’une surtaxe d’importation des véhicules électriques produits en Chine. Ce contraste entre les déclarations politiques et les actions concrètes soulève des questions sur la légitimité de la prime CEE accordée à BYD via EDF.

Selon la sénatrice LR Marie-Claire Carrère-Gée, ce partenariat est « scandaleux et irresponsable : EDF, société nationale, subventionne les voitures électriques chinoises de BYD, via les certificats d’économie d’énergie payés in fine par le consommateur d’électricité français ! ».

Pourtant, EDF finance des véhicules électriques d’autres marques étrangères sans susciter autant de controverse. Pourquoi l’association avec BYD est-elle si problématique ?

Une prime qui inquiète l’industrie européenne ?

Il est vrai qu’EDF soutient également d’autres marques étrangères, notamment celles du groupe Volkswagen, comme Volkswagen, Audi, Skoda et Cupra. Ces véhicules sont produits en Europe et respectent les normes d’éco-score.

En revanche, en finançant des véhicules fabriqués en Chine, EDF se met dans une position délicate vis-à-vis des politiques français. L’association du fournisseur d’électricité national avec un constructeur automobile qui menace l’industrie européenne est mal perçue, d’autant plus que BYD est soupçonné d’être soutenu par le gouvernement chinois.

EDF n’est pas la seule entreprise publique à soutenir des marques étrangères par le biais des CEE. Le constructeur coréen Kia bénéficie du soutien d’Engie, dont l’État détient environ 23 %, tandis que Hyundai utilise les fonds d’une filiale de La Poste, qui est publique à 34 %. Ces cas relativisent quelque peu la situation de BYD, même si ces marques ne sont pas confrontées aux mêmes accusations de subventions publiques que le géant chinois.

Les inquiétudes des constructeurs européens, ainsi que de certains responsables politiques, face à la montée en puissance de BYD sont compréhensibles. La marque chinoise propose désormais des produits à des prix très compétitifs, avec des équipements de qualité, et prévoit également d’introduire une technologie de charge ultra-rapide.

Dans ce contexte, il est évident que le financement d’une prime par EDF pour les voitures BYD soulève des préoccupations. BYD pourrait être contraint de rechercher un nouveau partenaire pour la prime CEE en 2027, ainsi que pour la prime « Coup de pouce CEE », en raison de la prochaine ouverture de sa production sur son site hongrois pour les Dolphin Surf et Atto 2, ce qui pourrait faciliter leur éligibilité à la nouvelle prime écologique.

Source : Frandroid

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