Sauvetage des bélougas en Ukraine : un défi en temps de guerre
Face à l’intensification du conflit en Ukraine, le propriétaire du delphinarium NEMO de Kharkiv a lancé en janvier 2024 un appel à l’aide à l’Oceanogràfic de Valence, en Espagne, en déclarant : « Nous avons deux bélougas ». Robert Gojceta, conservateur des mammifères marins à l’Oceanogràfic, a expliqué que cet aquarium était le seul en Europe à disposer d’installations adaptées pour ces animaux.
Les deux bélougas, Miranda, une femelle de 14 ans pesant 800 kilos, et Plombir, un mâle de 15 ans pesant environ 1 200 kilos, se trouvaient à proximité du front, à seulement 800 mètres du delphinarium. Le personnel a tenté de protéger les lieux avec des sacs de sable, mais les cétacés ont probablement subi un stress considérable à cause des bruits des bombardements. Face à cette situation critique, le propriétaire a demandé une évacuation.
Robert Gojceta a souligné que, malgré ses 33 ans d’expérience dans le domaine, il n’avait jamais été confronté à un transfert aussi complexe. Les conditions de sécurité en Ukraine rendaient impossible la préparation habituelle, obligeant l’équipe à improviser. L’espace aérien ukrainien étant fermé, le transport des bélougas a dû se faire par la route vers la Moldavie, suivi d’un vol vers l’Espagne. Le trajet a duré environ 40 heures, incluant un premier segment de 700 kilomètres entre Kharkiv et Odessa.
À Odessa, les soigneurs ukrainiens ont retrouvé l’équipe de Valence, ainsi que des vétérinaires du Georgia Aquarium et de SeaWorld, pour procéder aux contrôles nécessaires. Le transport vers l’aéroport en Moldavie a été ralenti par des postes de contrôle, mais la partie la plus difficile a été de gérer l’embarquement des bélougas dans un petit aéroport manquant de matériel adapté.
Après avoir trouvé un avion approprié, les deux bélougas ont finalement pu quitter la Moldavie pour Valence. Robert Gojceta a décrit le moment du décollage comme un soulagement, bien que l’un des membres de l’équipe ukrainienne ait dû faire face à un dilemme entre aider les animaux et retrouver sa famille.
Aujourd’hui, Miranda et Plombir vivent à l’Oceanogràfic de Valence, aux côtés de deux autres bélougas, Kylu et Yulka. Ce sauvetage fait partie d’une série d’opérations visant à évacuer des animaux d’Ukraine en temps de guerre. En 2022, plus de 1 000 animaux ont été évacués de zones à haut risque, dont des espèces variées comme des tigres, des lions et des ours.
Le zoo de Kiev a également accueilli plus de 600 animaux sauvages depuis le début du conflit, s’efforçant de maintenir leur bien-être malgré les défis logistiques posés par la guerre.
Source : El Confidencial
