Il ne faut pas avoir honte d’être malade et de se faire soigner, témoigne le journaliste Nicolas Demorand
Publié le 15 juin 2026 à 11h26
Nicolas Demorand, journaliste à France Inter, a récemment partagé son expérience de la maladie mentale, affirmant qu’il est crucial de ne pas avoir honte d’être malade et de chercher de l’aide. Hospitalisé par ses proches en raison de sa bipolarité, il a ressenti une « liberté annulée » durant son traitement. Cependant, il reconnaît aujourd’hui que sans cette contrainte, il n’aurait pas cherché de soins.
Durant près de six mois, Demorand s’est éloigné des ondes pour se concentrer sur sa santé. Il est désormais de retour avec son podcast « Si besoin » et l’émission « Recto-verso » sur France Inter. Il souligne l’importance de maintenir une relation de confiance avec les soignants, rappelant que « le danger supérieur, c’est d’être malade et d’être dans une relation de défiance avec le soin ».
Aujourd’hui, Demorand se sent mieux, bien qu’il reste inquiet quant à la durée de son rétablissement. Ses proches ont dû intervenir pour le faire hospitaliser, une expérience qu’il décrit comme ayant été à la fois nécessaire et douloureuse. « Sans élément de contrainte, je n’aurais pas été soigné », admet-il.
Il évoque également les hallucinations qu’il a vécues, décrivant des scènes où il croyait voir des agents des forces de l’ordre ou des personnalités politiques dans des situations troublantes. « L’incroyable puissance de ces images, c’est quelque chose qui déstabilise », explique-t-il.
En réalisant son podcast, il a pris conscience de la solidarité entre les malades. Selon lui, une approche collective peut dédramatiser la maladie. Son livre « Intérieur nuit », publié l’an dernier, lui a permis de « sortir de la honte » mais il précise que « ça ne guérit pas », la maladie restant présente.
Cette déclaration de Demorand intervient dans un contexte où la santé mentale est de plus en plus reconnue comme un enjeu de santé publique. Selon des données récentes de l’INSEE, environ 20% des Français ont déjà souffert de troubles mentaux au cours de leur vie, soulignant l’importance de sensibiliser et d’encourager le dialogue autour de ces questions.
Source : Franceinfo