Le gouvernement renonce à doubler les plafonds des franchises médicales
Le gouvernement français a décidé de renoncer à sa proposition de doubler les plafonds des franchises médicales, qui représentent le montant maximum restant à la charge des patients. Cette décision a été qualifiée de choix « brutal » par la ministre de la santé, Stéphanie Rist.
Dans un entretien au Figaro, Rist a déclaré : « Le doublement annoncé n’a pas été compris et a pu apparaître brutal. Nous avons décidé de faire évoluer notre proposition. » Initialement, le gouvernement avait prévu d’augmenter le plafond des franchises de 100 à 200 euros, ce qui aurait concerné les frais liés aux médicaments, consultations médicales, transports pour soins et actes paramédicaux.
Cette me, envisagée sous le gouvernement de François Bayrou en 2025 avant d’être abandonnée, avait été relancée dans un contexte où l’exécutif cherchait à réaliser des économies en prévision des budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour l’année prochaine. Rist avait présenté cette augmentation comme une nécessité face aux besoins de financement du système de soins. Cependant, elle avait suscité une vive opposition de la part des associations de patients, notamment France Assos Santé, qui a qualifié cette me d’« erreur monumentale », arguant qu’elle aurait des conséquences négatives sur les personnes vulnérables.
Les syndicats de soignants, comme MG France, avaient également critiqué la proposition, soulignant que le doublement des franchises aurait un impact significatif sur les patients souffrant d’affections de longue durée.
Stéphanie Rist a justifié la nécessité de réviser le plafond, en soulignant qu’il n’avait pas été revalorisé depuis 2005, alors que l’inflation a considérablement modifié les coûts de la vie. Elle a affirmé que le plafond avait en réalité diminué par rapport à l’évolution du coût de la vie.
Le gouvernement envisage désormais une hausse moins ambitieuse, fondée sur une indexation à l’inflation depuis 2005, mais n’a pas précisé l’ampleur de cette augmentation. Selon l’INSEE, les prix à la consommation, hors tabac et alcool, ont augmenté de plus d’un tiers entre 2005 et 2025.
Des syndicats demeurent méfiants, estimant que toute forme d’augmentation des franchises pourrait avoir un impact similaire à celui d’un doublement. L’annonce de ce recul a coïncidé avec des démentis de Sébastien Lecornu concernant d’autres pistes d’économies récemment évoquées par la presse.
Source : Le Figaro, La Croix



