Sanctuaire de Sequana : l’archéologie au cœur de la Seine
Le sanctuaire gallo-romain de Sequana, situé dans un vallon de Bourgogne, sera fouillé à nouveau en 2026 après près de soixante ans d’oubli. Ce site, classé monument historique, a été un important lieu de pèlerinage il y a 2 000 ans, où les fidèles venaient implorer la déesse de la Seine.
À 446 mètres d’altitude, six sources modestes émergent dans un cirque naturel de Côte-d’Or, à 40 kilomètres au nord de Dijon. Avant les aménagements du XIXe siècle, ce lieu était décrit comme un vallon sauvage, attirant les Romains qui y voyaient une source sacrée habitée par la déesse Sequana, une nymphe aquatique symbolisant la guérison.
Dès le Ier siècle de notre ère, le sanctuaire attirait des pèlerins de toute la Gaule, cherchant guérison et offrant des ex-voto, dont près de 1 400 ont été découverts. Ces objets, représentant des parties du corps, ont survécu grâce à l’humidité du vallon. À son apogée, le sanctuaire comprenait un temple, des bassins monumentaux, et des espaces d’accueil.
Le site a été acquis par la Ville de Paris en 1864, mais n’a pas été intégré dans le parc qui a été créé. Depuis 1967, aucune fouille n’a été réalisée, laissant le site livré aux intempéries et à la végétation. Malgré son classement, il n’a pas bénéficié d’entretien ni de mise en valeur.
L’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) prévoit de reprendre les fouilles en 2026, motivé par l’urgence patrimoniale et scientifique. Les vestiges sont menacés par le changement climatique, et des découvertes récentes ont montré que des niveaux archéologiques antiques intacts demeurent sous les déblais anciens.
Les archéologues espèrent comprendre comment ce vallon est devenu l’un des lieux saints les plus fréquentés de la Gaule romaine.
Source : Inrap
