Ukraine : les sanctions de plus en plus utilisées par Volodymyr Zelensky contre ses opposants
C’est une loi adoptée en 2014, lors de l’annexion de la Crimée par la Russie et de l’invasion des oblasts de Donetsk et de Louhansk. Initialement conçue pour cibler Moscou, cette loi a été exploitée par le président de l’époque, Petro Porochenko, pour protéger la sécurité nationale. Cependant, depuis 2021, sous la présidence de Volodymyr Zelensky, le Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine (NSDC) applique des sanctions non seulement contre des responsables pro-russes, mais aussi contre des citoyens ukrainiens, souvent sans décision de justice, en se basant sur des informations fournies par le Service de sécurité d’Ukraine (SBU).
Les opposants politiques et les personnalités critiques vis-à-vis de Zelensky se retrouvent désormais dans le viseur des sanctions. Selon une enquête du Kyiv Independent, ce changement d’usage des sanctions a été accentué un an avant le début de la guerre totale entre la Russie et l’Ukraine. Zelensky a alors commencé à sanctionner des figures pro-russes non encore jugées par le système judiciaire, comme le député Viktor Medvedchuk, connu pour ses liens avec Vladimir Poutine.
En février 2025, Zelensky a imposé des sanctions à son principal rival politique, Petro Porochenko, qui a été accusé d’avoir aidé des groupes armés russes. Porochenko, qui s’est toujours opposé à Moscou, a été inculpé de trahison en 2021. D’autres personnalités, comme l’oligarque Igor Kolomoïsky, ont également été sanctionnées, malgré leur passé pro-ukrainien.
La dernière cible est l’ex-député nationaliste Borislav Bereza, sanctionné le 7 juillet, qui a toujours soutenu des positions pro-occidentales. Bereza a déclaré que ces sanctions visent à le faire taire et à restreindre la liberté d’expression en Ukraine.
Les inquiétudes grandissent au sein de la société ukrainienne concernant l’utilisation des sanctions à des fins politiques internes. Des analystes comme Volodymyr Fesenko soulignent que ces mes manquent souvent de fondement juridique. Des experts juridiques affirment que l’absence de preuves pour justifier ces sanctions pourrait les rendre illégales et incompatibles avec l’État de droit.
Ces développements soulèvent des questions sur la légitimité du pouvoir de Zelensky et la possibilité d’abus de pouvoir à l’avenir.
Source : L’Express
