Salive de moustiques : une avancée vers un vaccin contre Zika et dengue ?

Zika, dengue, Nil occidental : et si la salive des moustiques ouvrait la voie à un vaccin ?

Zika, dengue, Nil occidental : et si la salive des moustiques ouvrait la voie à un vaccin ?

La salive des moustiques pourrait jouer un rôle clé dans l’installation des virus tels que Zika, dengue et fièvre du Nil occidental dans la peau. Des chercheurs ont identifié un ARN viral qui freine le déclenchement de la réponse immunitaire, ouvrant ainsi la voie à une stratégie de prévention commune contre plusieurs Orthoflavivirus.

Dengue, Zika, fièvre du Nil occidental… Ces virus appartiennent au genre Orthoflavivirus, une catégorie de virus transmis à l’Homme et aux animaux par la piqûre de moustiques infectés. Chaque année, ces trois virus infectent environ 500 millions de personnes. Actuellement, aucun traitement efficace ne permet de lutter contre l’ensemble de ces maladies. Les mécanismes qui permettent aux virus de s’installer dans la peau demeurent encore peu connus. Selon Julien Pompon, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), « Comprendre comment la salive du moustique influence l’infection de la peau est essentiel pour mieux comprendre la transmission et identifier de nouvelles cibles de prévention ».

Lorsqu’un moustique pique, il injecte sa salive contenant des particules virales. Les chercheurs de l’IRD ont découvert, grâce à un modèle de transmission in vivo, que cette salive contient également un ARN viral, appelé sfRNA, qui joue un rôle actif dans l’installation de l’infection. Plus cet ARN est présent dans la salive, plus l’infection est favorisée. En effet, le sfRNA inhibe l’activation de la réponse immunitaire innée, permettant ainsi aux virus de gagner du temps au niveau du site de la piqûre. Ces résultats ont été publiés le 29 août dans Nature Communications.

Vers une stratégie vaccinale à large spectre ?

Le mécanisme a été observé sur deux Orthoflavirus transmis par deux moustiques différents : le virus du Nil occidental et le virus Zika. Du sfRNA a été retrouvé dans la salive des moustiques infectés, ce qui pourrait indiquer que ce mécanisme est partagé par plusieurs Orthoflavivirus. Une telle découverte pourrait permettre de développer une stratégie de prévention commune, ciblant le mécanisme facilitant l’installation des virus au moment de la piqûre.

Julien Pompon espère que « cette découverte montre comment l’étude fondamentale des mécanismes de transmission peut déboucher sur une nouvelle approche de prévention contre plusieurs maladies virales transmises par les moustiques ». Les chercheurs travaillent sur une stratégie vaccinale ciblant le composé salivaire identifié et envisagent de mener des essais cliniques dans le cadre du projet Horizon Europe Flavivaccine.

Il est à noter que si l’Asie, l’Amérique du Sud et l’Afrique sont particulièrement touchées, ces virus progressent également en Europe et en France, où le moustique tigre étend son territoire. Autrefois considérées comme tropicales, ces maladies enregistrent de plus en plus de cas autochtones. Selon Santé publique France, cet été, au 30 août, 8 épisodes de chikungunya, 4 épisodes de dengue et 39 cas autochtones de virus West Nile ont été identifiés depuis le début de la saison.

Source : Nature Communications, Santé publique France

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