Des promesses de revalorisation : les salaires des enseignants au cœur de toutes les attentions
Les enseignants français ont récemment été au centre des débats concernant leur rémunération. En 2024, leur salaire moyen s’élève à 3 090 euros net, représentant une augmentation de 4,3 % par rapport à l’année précédente, selon une étude du service statistique du ministère de l’Éducation nationale (Depp) publiée fin août. Cependant, les syndicats mettent en garde contre une interprétation simpliste de ces chiffres, soulignant que cette moyenne regroupe des profils variés, tels que les professeurs agrégés, les enseignants certifiés et les professeurs des écoles, ainsi que des rémunérations qui varient selon les étapes de carrière.
Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa, évoque l’importance d’examiner le salaire médian, qui serait significativement plus bas. Elle souligne également que la rémunération inclut souvent des heures et missions supplémentaires, nécessaires pour compléter un salaire de base jugé insuffisant pour vivre correctement. Nicolas Wallet, secrétaire général de la FSU-SNUipp, rappelle qu’aucune revalorisation du point d’indice, utilisé pour calculer les salaires des fonctionnaires, n’a été effectuée depuis juillet 2023, alors que l’inflation cumulée s’élève à 5,9 % selon la Banque de France.
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, dénonce un « déclassement salarial » des enseignants, notant qu’un professeur cadre A de la fonction publique gagne en moyenne 900 euros de moins que ses homologues. En comparaison internationale, les enseignants français ayant 15 ans d’expérience sont rémunérés 17 % de moins dans le primaire et près de 14 % de moins dans le secondaire par rapport à la moyenne des autres pays de l’OCDE.
Dans le cadre des prochaines élections, plusieurs candidats à la présidentielle, dont Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont promis des augmentations significatives des salaires des enseignants, allant jusqu’à 500 euros par mois pour certains. Raphaël Glucksmann propose également une hausse pouvant atteindre 25 % pour les enseignants en milieu de carrière.
Le Haut-commissariat à la stratégie et au plan a également recommandé de profiter de la baisse démographique pour réduire la taille des classes et revaloriser les salaires. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a reconnu que des efforts sont nécessaires pour améliorer la rémunération, en particulier pour la première moitié de carrière des enseignants.
Les syndicats restent cependant préoccupés quant aux moyens alloués au Pacte, un dispositif introduit en 2023 pour offrir une rémunération supplémentaire en échange de missions additionnelles, pour l’année scolaire 2026-2027.
Source : DNA.fr

