À Saint-Étienne, 400 trésors du design issus des collections nationales sortent enfin de l’ombre
Saint-Étienne se positionne comme un acteur majeur du design en France, malgré le déclin de son équipe de football, l’AS Saint-Étienne, en Ligue 2. Aurélie Voltz, directrice du musée d’Art moderne et contemporain (MAMC+) et de la Galerie nationale, souligne que « la ville est au cœur d’un écosystème du design ». Depuis la fin des années 1990, Saint-Étienne a consolidé son statut de capitale du design grâce à divers événements, dont la Biennale internationale et la Cité du design.
Rassembler les collections publiques de design
Le projet de la Galerie nationale repose sur la mise en valeur des collections publiques. De nombreuses institutions, telles que le Centre Pompidou, le Centre national des arts plastiques (CNAP), et le Mobilier national, détiennent des ensembles significatifs mais rarement exposés. Cela représente un vivier de plusieurs dizaines de milliers d’œuvres, accessibles pour les expositions annuelles de la Galerie.
La Galerie est installée dans une halle de 1500 mètres carrés, au sein de l’ancienne manufacture d’armes, un espace de 50 000 mètres carrés construit entre 1862 et 1866. La rénovation de ce site a été confiée à l’agence d’architecture SILT, qui a veillé à préserver le caractère industriel du lieu.
Less is more
Le projet architectural privilégie la réutilisation des matériaux existants, comme le sol en béton poli, et l’utilisation de matériaux sains. La scénographie, conçue par Éric Bacqué et l’Atelier Pentagone, reflète une approche minimaliste, favorisant des matières artisanales et des éléments économes.
L’exposition inaugurale, intitulée « Design en main. Du langage à l’objet », présente près de 400 objets sélectionnés dans les collections nationales. Elle est structurée autour de six expressions de la langue populaire française, illustrant le lien entre le design et le travail manuel.
Une scénographie low tech
Le designer Éric Bacqué mentionne que concevoir une scénographie sans connaître les objets à exposer représente un défi. Le projet a été conçu pour réutiliser au moins 50 % des éléments dans les futures expositions. Les vitrines sont principalement réalisées en textile, réduisant ainsi l’impact environnemental.
L’art du détournement
Une collecte d’objets a été organisée auprès des Stéphanois pour explorer la relation personnelle des habitants avec ces artefacts. Cette démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur le design contemporain, mettant en avant des installations qui interrogent la durabilité et l’usage des objets du quotidien.
L’exposition met également en lumière la tension entre l’automatisation croissante et le désir de réappropriation des savoir-faire. Des figures comme Enzo Mari, pionnier du « do-it-yourself », illustrent cette dynamique.
Une présentation de la Cité du design
L’exposition « Design en main. Du langage à l’objet » se déroulera à la Galerie nationale de design du 11 juin au 7 mars, tandis que l’autre exposition « Créer un vase » se tiendra à la Cité du design, du 29 avril au 20 septembre.
Source : Connaissance des Arts

