Le nouveau maire de Saint-Denis-Pierrefitte face à une déferlante de racisme et de fake news

Le nouveau maire de Saint-Denis-Pierrefitte face à une déferlante de racisme et de fake news

Le nouveau maire de Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, est confronté à des propos racistes et à la diffusion de fausses informations depuis son élection le 15 mars, lors du premier tour des élections municipales. Ces attaques, qui ont jusqu’ici suscité peu de réactions, ont finalement mobilisé les ministres de l’Intérieur et de la Culture, qui ont exprimé leur soutien à l’élu dyonisien le 30 mars.

Âgé de 52 ans, Bally Bagayoko a été la cible de commentaires dégradants sur la chaîne d’extrême droite CNews. Un psychologue a évoqué une comparaison avec les « grands singes » dans le cadre d’une discussion sur l’autorité des chefs de tribu. Ces propos ont été jugés inacceptables par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, qui a déclaré : « Nous sommes ici en France, c’est la République française qui reconnaît tous ses enfants quelle que soit leur origine. »

Les attaques ont débuté dès la soirée de son élection. Interrogé sur LCI, Bagayoko a qualifié Saint-Denis de « ville des rois et du peuple vivant », une expression tirée d’un poème de Jean Marcenac. Cependant, des comptes X d’extrême droite ont rapidement déformé ses mots en affirmant qu’il avait dit « la ville des Noirs », une fake news qui a été reprise par plusieurs médias.

Les réactions officielles, bien que tardives, ont mis en lumière l’absence de soutien de l’Élysée. Bagayoko a lui-même critiqué ce silence, soulignant qu’il est scandaleux qu’aucune condamnation ne vienne du président de la République face à ces attaques.

Des incidents similaires ont été observés dans d’autres villes ayant élu des maires d’origine immigrée, avec des agressions verbales rapportées lors de cérémonies d’investiture. Ces événements montrent une libération de la parole raciste dans le discours public, exacerbée par un système médiatique qui amplifie de telles polémiques.

Bally Bagayoko a annoncé son intention de porter plainte contre CNews et d’organiser un rassemblement contre le racisme et les discriminations. Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tension politique et sociale, où des maires de villes populaires se retrouvent souvent au centre de controverses et d’attaques.

Source : France 24

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