Sahara occidental : le militant sahraoui Naâma Asfari en grève de la faim, sa famille sans nouvelles
Emprisonné depuis dix ans, le militant sahraoui Naâma Asfari ne donne plus de nouvelles. Condamné à 30 ans de détention au Maroc, il a entamé il y a plus de 40 jours une grève de la faim pour dénoncer une détention qu’il considère comme arbitraire. Fervent défenseur du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, il n’a plus donné signe de vie depuis une semaine. Sa femme, Marie-Claude Mangin-Asfari, exprime une inquiétude croissante.
« Nous n’avons plus de canal de communication avec Naâma depuis lundi, donc ça va faire une semaine », a déclaré Marie-Claude Mangin-Asfari à RFI. Elle n’a pas vu son compagnon depuis 2019, année où elle a été refoulée du Maroc, les autorités avançant qu’elle représentait un risque pour l’ordre public.
Naâma Asfari, qui a débuté sa grève de la faim illimitée le 8 juin 2026, bénéficiait récemment d’une autorisation de téléphoner trois fois par semaine depuis l’infirmerie de la prison de Kénitra, à 35 km au nord de Rabat. Cependant, ces communications étaient limitées à moins de cinq minutes à chaque fois, selon les règles de la prison.
Marie-Claude souligne la détermination et la conviction de son mari en tant que défenseur des droits humains.
Depuis 15 ans, Naâma Asfari est considéré comme étant « en prison de manière arbitraire ». L’ONU a déclaré il y a trois ans que tous les prisonniers de son groupe, les sahraouis « Gdim Izik », doivent être libérés. Actuellement, 19 d’entre eux sont toujours incarcérés, malgré les recommandations de l’ONU que les autorités marocaines n’ont jamais appliquées.
Ces prisonniers sont accusés d’assassinat de membres des forces de l’ordre dans le cadre de l’affaire dite « de Gdim Izik », où onze policiers et gendarmes marocains avaient été tués près de Laâyoune, un territoire administré par le Maroc depuis la fin de la colonisation espagnole.
Source : RFI
