Russie : derrière les revenus du pétrole, une économie qui ralentit
Publié le 23/05/2026 à 17:40
La Russie bénéficie d’une hausse de ses exportations de pétrole liée au conflit en Iran, mais son économie révèle des signes de fragilité. Entre ralentissement de la croissance, sanctions et dépendance énergétique, le modèle économique russe est sous tension, malgré les efforts pour soutenir l’effort de guerre.
Face à l’augmentation de ses exportations de pétrole depuis le début du conflit en Iran, le Kremlin se montre optimiste. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré le 6 mars dernier : « Nous constatons une augmentation significative de la demande en ressources énergétiques russes. La Russie a été et reste un fournisseur fiable de pétrole et de gaz. »
Cependant, cette situation est contrastée par des difficultés économiques croissantes. Vladimir Poutine a lui-même reconnu lors d’un point presse que « les statistiques montrent que la croissance économique est malheureusement en baisse. » Selon les chiffres officiels, la croissance du PIB a ralenti depuis 2025, avec une contraction de 0,2% au premier trimestre 2026, une première depuis trois ans. Pour financer la guerre, des dépenses publiques massives ont été allouées à l’industrie militaire, représentant 40% du budget, tandis que les recettes, principalement issues des exportations d’hydrocarbures, ont diminué en raison des sanctions internationales.
Pour compenser ces pertes, la Russie a mis en place de nouvelles mes fiscales, notamment une hausse de la TVA de 20 à 22 % sur la plupart des biens. Cela impacte durement les ménages et les entreprises, qui se voient contraintes de réduire leurs coûts et de licencier du personnel, comme l’indique Vladislav Inozemtsev, économiste russe en exil aux États-Unis.
De plus, la Russie fait face à un retard technologique dans plusieurs secteurs. Depuis l’invasion de l’Ukraine, elle a perdu l’accès aux entreprises occidentales et à leurs chaînes d’approvisionnement. Malgré une volonté d’autosuffisance, la dépendance aux composants étrangers persiste, notamment pour les puces électroniques nécessaires à la fabrication de missiles et d’autres équipements.
Julien Vercueil, économiste et vice-président de l’INALCO, souligne que cette situation pourrait entraîner une stagnation de la productivité et, par conséquent, une incapacité à créer de la richesse à long terme. Les revenus tirés des ressources fossiles permettent à la Russie de financer ses efforts militaires, mais cela pourrait se faire au détriment de son développement et de sa modernisation future.
Source : Franceinfo
