RSE : des professionnels de l’environnement signalent un soutien en déclin et des ressources insuffisantes.

RSE : des professionnels confrontés au manque de moyens et à un soutien qui s’effrite

Des professionnels de la RSE confrontés à un manque de moyens

Alors que les enjeux environnementaux et sociaux prennent une place de plus en plus importante au sein des entreprises, les professionnels de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) continuent de faire face à des défis majeurs en matière de ressources. Une étude récente, menée auprès de 260 spécialistes du secteur, révèle des difficultés persistantes, notamment des budgets insuffisants, un manque de personnel, ainsi qu’une résistance interne et un sentiment d’isolement.

Les missions liées à la RSE ont connu un développement significatif au cours des dernières années, mais les ressources allouées aux professionnels en charge de leur mise en œuvre n’ont pas suivi cette tendance. Selon l’étude réalisée par le Pacte mondial de l’ONU, l’Institut de l’Économie Durable, Michael Page, Lefebvre Dalloz Compétences et Toovalu, 59 % des répondants déclarent manquer de moyens financiers pour appliquer leur feuille de route RSE, tandis que 54 % signalent un manque de ressources humaines. En revanche, seuls 5 % des professionnels se disent très satisfaits des moyens dont ils disposent.

Le champ d’intervention des responsables RSE s’élargit également, avec près de la moitié des professionnels indiquant que l’étendue de leurs missions a constitué un obstacle majeur lors de leur prise de fonction. Les sujets à traiter sont variés, allant du reporting extra-financier à la stratégie de décarbonation, en passant par l’économie circulaire et la définition de la raison d’être de l’entreprise. Cette diversité oblige les professionnels à collaborer avec de multiples départements et niveaux hiérarchiques, tout en intégrant les enjeux environnementaux et sociaux dans la stratégie globale de l’organisation.

En outre, près de 40 % des répondants soulignent la résistance au changement et la complexité du fonctionnement interne comme des obstacles importants. La réussite d’une politique RSE nécessite en effet l’engagement de l’ensemble des collaborateurs, et non seulement du service dédié à la durabilité.

L’étude met également en évidence une diminution préoccupante du soutien des directions. Alors que 90 % des professionnels interrogés estimaient bénéficier de ce soutien lors de leur arrivée en fonction, ce chiffre est tombé à 75 % aujourd’hui. Cette baisse s’inscrit dans un contexte moins favorable aux politiques de durabilité, marqué par des incertitudes économiques et géopolitiques.

Enfin, un tiers des répondants évoque le risque d’isolement lors de leur prise de fonction, et près de la moitié ressent un manque de légitimité. Près d’un professionnel sur trois indique avoir mis plus d’un an à asseoir sa légitimité dans l’entreprise, et 12 % affirment ne pas avoir encore obtenu cette reconnaissance.

L’étude révèle cependant une évolution encourageante : 42 % des professionnels interrogés sont désormais directement rattachés à la direction générale, ce qui témoigne d’une professionnalisation croissante du secteur et d’une reconnaissance accrue des enjeux de durabilité.

Source : Pacte mondial de l’ONU, Institut de l’Économie Durable, Michael Page, Lefebvre Dalloz Compétences, Toovalu.

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