Données médicales : quels risques avec l’IA sur Doctolib ?
L’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé n’est pas nouvelle, mais son intégration sur des plateformes médicales françaises comme Doctolib marque une étape inédite. Annoncée officiellement par l’entreprise, l’intégration de cette technologie est prévue pour août prochain. Elle exploitera les données de santé des utilisateurs ayant un compte pour développer de nouveaux outils.
Doctolib, en collaboration avec l’Inria, l’Inserm et l’Université Paris Cité, a pour objectif de créer un outil reposant sur cinq piliers : des diagnostics cliniques assistés par IA, l’établissement de liens de cause à effet, des recommandations de dépistage et de vaccination, un accompagnement personnalisé des patients, et un accent sur la souveraineté européenne et la transparence de l’IA. Grâce à cette initiative, Doctolib espère détecter plus rapidement certains risques de santé et améliorer la coordination du suivi médical.
Cependant, l’utilisation de l’IA soulève des questions légitimes concernant la protection des données médicales. La plateforme a précisé que les données des utilisateurs seront conservées uniquement pendant cinq ans, accessibles uniquement à l’entreprise et aux institutions associées. Les types de données collectées restent toutefois flous, l’entreprise se contentant d’affirmer que « uniquement les données nécessaires » seront utilisées.
Les utilisateurs ont la possibilité de refuser l’utilisation de leurs données par l’IA via un formulaire reçu ou dans les paramètres de confidentialité de leur compte. Cette approche, qui considère que les utilisateurs consentent par défaut, a été approuvée par la CNIL, car ces recherches sont jugées d’intérêt public.
La mise en œuvre de l’IA dans Doctolib représente ainsi une avancée significative dans le domaine de la santé, tout en soulevant des préoccupations sur la gestion des données personnelles.
Source : Santé Magazine
