Une prise en compte inégale des risques environnementaux dans les standards internationaux
L’intégration des risques environnementaux dans les standards bancaires internationaux reste inégale. Les Accords de Bâle, qui constituent le principal cadre de réglementation prudentielle, n’intègrent que timidement ces risques. Leur prise en compte repose sur des bonnes pratiques dont l’application demeure à la discrétion des législateurs et superviseurs.
D’autres initiatives internationales, comme celles du Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS), adoptent une approche plus ambitieuse. Les scénarios climatiques proposés par le NGFS permettent aux superviseurs d’évaluer la matérialité financière des risques climatiques à travers des analyses de scénarios et des stress tests. Ce réseau s’intéresse également aux risques liés à la nature et à l’adaptation au changement climatique.
Une démarche européenne avant-gardiste dans la législation, la réglementation et la supervision
En Europe, l’intégration des risques environnementaux a été accélérée avec l’adoption du dernier « paquet bancaire » par le législateur en 2024. L’Autorité Bancaire Européenne (ABE) a publié des Orientations visant à clarifier les attentes prudentielles, y compris des exigences sur les plans de transition, l’analyse de scénarios environnementaux et l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les stress tests.
La Banque Centrale Européenne (BCE) a commencé à mettre en œuvre ces nouvelles exigences dans le cadre de son dialogue prudentiel avec les banques. En 2026, la BCE a imposé des astreintes de 7,5 millions d’euros au Crédit Agricole pour manquement dans l’identification de ses risques climatiques. À partir de janvier 2026, la plupart des banques devront appliquer les Orientations de l’ABE sur la gestion des risques ESG, qui précisent notamment les plans de transition prudentiels.
Source : [NGFS, ABE, BCE]
