Il y a un risque sur la ressource en eau : le réseau Agrobio mobilisé contre la loi d’urgence agricole

Le décalage entre les préconisations de la loi d’urgence agricole et la situation caniculaire actuelle est jugé insupportable par le réseau régional d’agriculture biologique. Ce dernier se mobilise contre ce texte législatif, dont l’examen au Sénat débute ce lundi.

Neuf députés de Poitou-Charentes sur quinze soutiennent la loi d’urgence agricole, adoptée par l’Assemblée nationale en mai 2025, alors que le pays était sur le point de subir une forte vague de chaleur. Prévue pour répondre aux crises agricoles, cette loi inclut la simplification des démarches de stockage d’eau, notamment par la construction de réserves de substitution, communément appelées mégabassines.

Dans la présentation de la loi, le Sénat propose le « doublement des volumes de stockage d’eau à l’horizon 2035 ». Ce texte a déjà été adopté en commission des affaires économiques le 17 juin dernier, avec l’avis favorable de ses rapporteurs. La loi vise à « sécuriser la ressource en eau » pour l’agriculture, en allégeant certaines contraintes sur les projets de stockage d’eau et en modifiant la réglementation des zones humides.

Sébastien Quinault, éleveur bovin, souligne que la situation climatique s’est détériorée au cours de la dernière décennie, avec une fréquence accrue des vagues de chaleur. Il appelle à une prise de conscience sur la pérennité des systèmes agricoles, affirmant que la courbe de pousse de l’herbe a changé et que les arbres souffrent. Pour lui, la loi actuelle favorise une agriculture plus dépendante des machines et des produits chimiques, alors que des solutions alternatives existent.

Guy Moreau, ancien céréalier et membre de l’agence de l’eau Loire-Bretagne, met en avant la nécessité de préserver la qualité et la quantité de la ressource en eau. Selon lui, la loi d’urgence agricole remet en cause l’esprit des commissions locales et pourrait nuire à l’équilibre entre enjeux économiques et environnementaux.

Le sénateur LR de la Vienne, Bruno Belin, reconnaît que l’eau est un sujet central de cette loi. Il partage les préoccupations des agriculteurs bio concernant le sous-stockage dans de nombreux départements, soulignant que l’eau est devenue une question de survie pour l’agriculture.

La mobilisation du réseau Agrobio et les réflexions de divers acteurs soulignent la nécessité d’un dialogue global et de la prise en compte des enjeux environnementaux dans les politiques agricoles.

Source : France Télévisions

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