Yémen : Riposte des Houthis après une attaque contre l’aéroport de Sanaa
Les rebelles yéménites houthis ont effectué des frappes en direction de l’Arabie saoudite ce lundi, après avoir accusé ce pays d’avoir attaqué l’aéroport de Sanaa, qu’ils contrôlent. Cet événement marque une intensification du conflit au Yémen, mettant fin à des années de répit.
Le gouvernement yéménite, soutenu par Riyad, a revendiqué la responsabilité des tirs sur l’aéroport, mais les Houthis ont attribué l’attaque à l’Arabie saoudite, promettant une riposte. Cette attaque est considérée comme l’incident le plus grave entre les deux camps depuis des années, menaçant la trêve négociée par l’ONU en 2022. Elle intervient dans un contexte de tensions régionales croissantes, notamment en raison de la reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran.
Le gouvernement yéménite a déclaré avoir tiré sur l’aéroport pour empêcher l’atterrissage d’un avion iranien transportant une délégation houthie de retour de Téhéran, où elle avait assisté aux funérailles de l’ancien guide suprême, Ali Khamenei. Malgré des tentatives de convaincre la délégation de voyager sur un vol de la compagnie nationale, l’avion a finalement atterri à Hodeida, contrôlée par les rebelles.
L’attaque a été dénoncée par l’Iran, qui l’a qualifiée d’atteinte à l’intégrité territoriale du Yémen. Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a affirmé que son groupe avait riposté en lançant des missiles et des drones contre l’aéroport international d’Abha, au sud de l’Arabie saoudite. Il a également averti toutes les compagnies aériennes de ne pas survoler l’espace aérien saoudien.
La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté les missiles balistiques lancés par les Houthis. Selon l’expert en sécurité Andreas Krieg, les avions de combat yéménites étant en mauvais état, il est plus probable que l’Arabie saoudite soit derrière l’attaque de l’aéroport de Sanaa.
L’ONU a exprimé des préoccupations face à cette escalade des tensions, appelant à une désescalade. Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Al-Alimi, a demandé à son camp de ne pas étendre l’affrontement, tandis que l’envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a souligné la nécessité d’éviter un retour à la guerre.
La guerre au Yémen a causé des centaines de milliers de morts et a plongé le pays dans une crise humanitaire majeure, selon les rapports de l’ONU.
Source : AFP
