Deux collégiennes s’unissent contre le sexisme en classe
Laura et Louise, deux adolescentes de 15 ans, ont décidé de s’allier pour dénoncer le sexisme et le comportement masculiniste de certains garçons de leur classe. Originaires de la même commune, elles se connaissent depuis la primaire, mais leur amitié est récente, née de leur colère commune face à des comportements jugés « misogynes » et « sexistes » par les deux filles.
Laura a éprouvé des crises d’angoisse et d’insomnies face à cette situation. Elle a tenté de dialoguer avec ses camarades pour les amener à réfléchir, mais ses efforts n’ont pas porté leurs fruits. Louise, de son côté, a choisi de se distancier de ces « idiots » et a mobilisé d’autres filles de la classe pour témoigner des harcèlements qu’elles subissent. Ce mouvement a donné naissance à un recueil de lettres et à une pétition, mais les adolescentes déplorent que les adultes, comme les parents et les enseignants, n’aient pas pris la me de leur combat.
Le rectorat a confirmé une montée des discours masculinistes dans les établissements scolaires. Louise, déterminée, déclare : « Je m’en fous de ce qu’ils disent, moi au moins j’ai agi. »
Le 15 janvier, Louise découvre sur un groupe WhatsApp de la classe des liens vers des vidéos pornographiques, ce qui la met très mal à l’aise. Elle choisit de se taire par peur d’être exclue. Laura, quant à elle, remarque que les échanges sont principalement dominés par les garçons. Les deux adolescentes sont choquées par le contenu partagé, qui inclut des images inappropriées. Le 19 janvier, la principale du collège informe les parents de la publication d’une photo d’un élève sans son consentement.
Les parents d’élèves ont demandé une réunion avec la direction pour aborder ces comportements, mais celle-ci a été refusée, la direction considérant que le groupe WhatsApp ne relevait pas de sa responsabilité. Les deux adolescentes ont ensuite organisé une réunion publique pour exposer leur vécu, mais elles ont constaté que le discours tournait souvent autour des filles, comme si elles étaient responsables des problèmes.
Pour faire entendre leur voix, Laura et Louise ont créé un groupe WhatsApp pour les filles de leur classe, qui a rapidement rassemblé 25 membres. Elles ont encouragé leurs camarades à partager leurs expériences et à se soutenir. Les insultes et les comportements inappropriés sont devenus récurrents, allant de remarques dégradantes à des menaces de violence.
Laura a récemment été victime d’une humiliation en classe, où un camarade a utilisé sa photo d’identité de manière inappropriée. Bien que le garçon ait été sanctionné, Laura ne considère pas cela comme une victoire, car elle n’a pas eu l’opportunité de raconter son expérience lors du conseil de discipline.
Les deux adolescentes, qui vont bientôt quitter le collège, espèrent que leur action contribuera à faire évoluer les mentalités et à prévenir de telles situations à l’avenir. Le rectorat a annoncé qu’il se rapprocherait de l’établissement pour proposer un accompagnement et mettre en place des formations sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Source : StreetPress.


