La revendication marocaine des enclaves a été formulée par un certain nombre de journaux
Au moins 72 personnes ont perdu la vie lors de l’afflux massif de migrants à Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord, entre le jeudi 30 et le vendredi 31 juillet. Ce bilan a été publié dimanche par les autorités espagnoles. En parallèle, le ministère de l’Intérieur marocain a annoncé un premier bilan de 11 morts. Plus de 50 000 migrants ont réussi à atteindre l’enclave durant cette période, mais la quasi-totalité a été renvoyée vers la ville marocaine de Fnideq. Les circonstances de cette tragédie humanitaire demeurent floues.
Après la découverte de cinq corps supplémentaires le long du littoral le dimanche 2 août, le nombre total de migrants décédés s’élève à 72, selon les autorités espagnoles. Ignacio Cembrero, spécialiste des migrations, a indiqué que le bilan pourrait encore s’alourdir. Il a précisé que la ville de Ceuta a dû prendre des mes, avec l’aide de l’armée, pour accueillir jusqu’à 200 cadavres. La majorité des victimes sont mortes noyées, une situation qualifiée de « catastrophe humanitaire ».
Les autorités marocaines, traditionnellement déployées en masse à cette frontière, ont observé un changement dans leur comportement, permettant un afflux sans précédent. Cembrero souligne qu’il n’y avait plus d’intervention des forces de l’ordre marocaines, ce qui laisse penser qu’elles ont reçu des instructions de haut niveau. Ce phénomène a été interprété par certains journaux marocains, comme Le360, comme une opportunité pour négocier la souveraineté de Ceuta et Melilla entre l’Espagne et le Maroc.
Cet afflux massif a suscité des inquiétudes parmi les dirigeants européens, alors que les questions d’immigration et de contrôle des frontières restent sensibles. Les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se réuniront le 4 août pour discuter de la situation. Ce défi met en lumière la vulnérabilité de l’Espagne face à une gestion des flux migratoires souvent orchestrée par le Maroc.
Enfin, Cembrero rappelle que parvenir à Ceuta ne garantit pas l’accès au continent européen, car des contrôles douaniers et policiers sont en place pour ceux qui souhaitent quitter l’enclave.
Source : RFI


