À 71 ans, Lynda Williams s’inquiète pour l’avenir fiscal de ses enfants
À 71 ans, Lynda Williams, une retraitée britannique, devrait pouvoir profiter de sa retraite. Cependant, elle passe ses nuits à réfléchir aux implications financières que ses deux fils pourraient rencontrer après son décès, en raison d’une réforme fiscale modifiant le traitement des pensions non utilisées. Pour elle, l’argent qu’elle a soigneusement épargné pourrait devenir un véritable casse-tête pour ses enfants.
Cette situation pourrait également concerner de nombreuses familles en France dans les années à venir. Dans les quinze prochaines années, plus de 9 000 milliards d’euros de patrimoine détenu par les Français les plus âgés pourraient faire l’objet d’une transmission. Le flux successoral annuel est prévu de passer d’environ 464 milliards d’euros en 2025 à 677 milliards d’euros en 2040, un phénomène lié au vieillissement de la génération du baby-boom.
Des droits de succession préoccupants
Lynda, qui vit seule dans le Worcestershire depuis la perte de son compagnon il y a neuf ans, possède une maison achetée en 2000 pour 135 000 livres (environ 156 000 euros), aujourd’hui valorisée entre 400 000 et 450 000 livres (soit environ 465 000 à 520 000 euros). Elle dispose de pensions NHS et d’État, mais surtout d’une épargne accumulée durant son précédent emploi dans une entreprise informatique, avec environ 175 000 livres (près de 203 000 euros) sur son ancien régime de retraite.
Cette épargne, qui pourrait l’empêcher de profiter pleinement de sa retraite, suscite des inquiétudes. Lynda ne se considère pas comme riche, ayant épargné pour son avenir et espérant transmettre ce qu’elle n’aurait pas besoin de dépenser à ses fils, âgés de 30 et 28 ans, qui luttent pour accéder à la propriété.
Elle confie : « Les scénarios de ce qui arrivera après ma mort m’inquiètent et affectent ma retraite. » Elle trouve injuste que l’argent qu’elle a conservé sur sa pension soit désormais soumis à une taxation plus élevée après son décès. Bien qu’elle ait déjà retiré 10 000 livres pour chacun de ses fils, elle reste prudente afin de ne pas aggraver leur situation fiscale.
Différences avec le système français
En France, un enfant bénéficie actuellement d’un abattement de 100 000 euros sur la part reçue de chaque parent avant l’application des droits de succession. Au-delà de ce seuil, les sommes sont soumises à un barème progressif, commençant à 5 % et pouvant atteindre 45 % pour la fraction taxable dépassant 1 805 677 euros. Cet abattement peut également être utilisé à nouveau après 15 ans pour les donations.
La situation britannique de Lynda est particulièrement préoccupante. À partir du 6 avril 2027, la plupart des pensions non utilisées seront intégrées à la succession pour le calcul de l’Inheritance Tax, avec un taux pouvant atteindre 40 % au-delà des seuils fixés. Le gouvernement britannique prévoit qu’environ 10 500 successions deviendront imposables alors qu’elles ne l’auraient pas été auparavant, et environ 38 500 autres verront leur facture fiscale augmenter.
Source : INews, Marie France
