Retraite : “La seule solution, c’est de déménager à l’étranger”
S’installer en Italie pour y passer sa retraite attire de plus en plus d’Européens, notamment des Allemands. Le quotidien régional allemand, le Main-Post, met en lumière les avantages que l’Italie offre aux retraités expatriés, tout en soulignant les obstacles souvent sous-estimés de cette décision.
Selon le Rentenatlas 2024 de la Deutsche Rentenversicherung, environ 1,7 million de pensions ont été versées à l’étranger, représentant environ 6,6 % de l’ensemble des paiements de retraite en Allemagne. Parmi les destinations prisées figurent l’Autriche, la Suisse et l’Espagne, tandis que l’Italie se classe en huitième position.
L’attrait pour l’Italie repose sur des éléments classiques tels que le climat, la gastronomie et les paysages. De plus, il est relativement simple pour les Allemands de s’y installer, en raison de son statut de membre de l’Union européenne. Au-delà de trois mois de séjour, il suffit de s’inscrire auprès de la commune compétente. Les droits à la retraite sont préservés, et les pensions sont versées sur un compte au choix, sans retenue, même avec un compte bancaire italien.
L’assurance médicale est également un point crucial. Les retraités peuvent conserver leur assurance-maladie allemande lors de leur émigration vers l’Italie, sous certaines conditions, et utiliser le formulaire européen S1 pour accéder aux soins.
Sur le plan fiscal, l’Italie a mis en place une imposition forfaitaire de 7 % sur les revenus étrangers pour les retraités qui transfèrent leur domicile dans certaines régions du Sud, ainsi que dans des communes de moins de 20 000 habitants. Par ailleurs, un accord bilatéral évite la double imposition : les pensions publiques allemandes sont imposées en Allemagne, alors que les retraites privées le sont en Italie, de manière progressive jusqu’à 43 %, avec des surtaxes régionales.
Cependant, le tableau n’est pas sans accroc. Le coût de la vie varie considérablement selon les régions, le nord étant généralement plus cher que le sud et les îles. De plus, la bureaucratie représente un obstacle récurrent, aggravé par la barrière linguistique, car de nombreux agents de l’administration publique ne parlent pas anglais.
Ainsi, malgré les incitations fiscales et les attraits culturels, l’Italie demeure une option à envisager avec prudence pour les retraités expatriés, en tenant compte des contraintes administratives et économiques.
Source : Main-Post