Retraite : Pourquoi certains dirigeants cotisent beaucoup trop sans le savoir
À l’approche de la retraite, de nombreux dirigeants choisissent de se verser une rémunération élevée dans le but d’améliorer leur future pension. Cependant, cette stratégie n’est pas toujours la plus efficace. Selon Nicolas Strady, expert retraite au sein d’un cabinet d’avocats à Toulouse, « la retraite de base est plafonnée ». Au-delà d’un certain niveau de rémunération, les cotisations supplémentaires n’augmentent plus la pension de base dans les mêmes proportions.
Le mode de calcul de la retraite de base repose sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire, mais les salaires pris en compte sont plafonnés au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Pour 2026, ce plafond sera de 48 060 euros. En d’autres termes, un revenu annuel de 80 000 ou 100 000 euros n’améliore pas la retraite de base plus efficacement qu’un salaire atteignant déjà ce plafond.
Les 25 meilleures années ne sont pas figées
Il est erroné de penser que ses 25 meilleures années de revenus sont « déjà faites ». En effet, ces années évoluent avec le temps, notamment parce que le plafond annuel de la Sécurité sociale est revalorisé presque chaque année. Une année récente rémunérée au niveau du PASS peut remplacer une année plus ancienne où ce plafond était inférieur. À l’inverse, un dirigeant qui réduit fortement sa rémunération en fin de carrière pour privilégier les dividendes pourrait empêcher ses dernières années d’entrer dans le calcul de la retraite de base. Nicolas Strady précise qu’il est crucial de faire les calculs avant de modifier sa rémunération.
La retraite complémentaire change aussi l’équation
L’analyse ne doit pas se limiter à la retraite de base. Pour les cadres et dirigeants aux revenus élevés, la retraite complémentaire représente souvent la part la plus significative de la pension. Les cotisations versées à l’Agirc-Arrco continuent à générer des points, ce qui peut avoir un impact notable sur le montant final de la pension. Il n’existe pas de stratégie universelle, adaptée à toutes les situations. Pour certains chefs d’entreprise, arbitrer entre rémunération et dividendes peut avoir un intérêt patrimonial. Toutefois, une baisse excessive du salaire peut attirer l’attention de l’administration si elle semble uniquement destinée à réduire les cotisations sociales.
Un bilan retraite peut éviter des erreurs coûteuses
Nicolas Strady souligne que ces arbitrages doivent être réalisés plusieurs années avant le départ en retraite, et non quelques mois avant la liquidation des droits. Une étude personnalisée permet d’évaluer l’impact d’une modification de rémunération sur la retraite de base, la retraite complémentaire, mais aussi sur la fiscalité et la constitution d’un patrimoine alternatif. Pour les salariés, la marge de manœuvre est plus réduite, puisque le niveau de rémunération dépend de l’employeur. En revanche, pour les indépendants et les dirigeants, ces choix peuvent représenter plusieurs milliers d’euros sur la durée de la retraite.
Source : Capital



