Retour des tensions militaires au Soudan du Sud après des affrontements récents entre factions.

Au Soudan du Sud, le bruit des bottes est de retour

Au Soudan du Sud, le bruit des bottes est de retour

La situation au Soudan du Sud se détériore, avec des alertes croissantes sur une reprise imminente des hostilités. Une volontaire italienne, présente sur le terrain, a exprimé son inquiétude : « La guerre se prépare et elle aura lieu. Ce n’est qu’une question de temps. De plus en plus d’armes commencent à circuler. On ne sait pas quand, mais elle viendra, à moins que quelque chose ne se produise. »

Le rapport de juillet 2026 du secrétaire général des Nations unies souligne une transition politique toujours bloquée et des affrontements persistants dans plusieurs régions, notamment le Grand Nil supérieur, le Jonglei, l’Unité et les Équatorias. Les bombardements aériens et les offensives terrestres témoignent d’un conflit qui ne se limite plus à des signes précurseurs, mais qui a déjà repris dans certaines zones. La question demeure de savoir si ces conflits locaux vont converger vers une guerre civile à l’échelle nationale.

Le conflit oppose principalement le président Salva Kiir, leader du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), et l’ex vice-président Riek Machar, à la tête du SPLM-IO. Les forces communautaires et anciens groupes rebelles, souvent plus symboliques qu’efficaces, complètent ce tableau complexe.

L’accord de paix « revitalisé » de septembre 2018, qui visait à mettre fin à la phase la plus meurtrière du conflit, a laissé de nombreuses dispositions inachevées. Le gouvernement d’union formé en 2020 n’a pas pu finaliser les réformes essentielles, permettant ainsi à chaque camp de conserver ses forces armées et ses chaînes de loyauté.

Le premier trimestre de 2026 a enregistré une escalade alarmante de la violence. Selon la Mission des Nations unies au Soudan du Sud, 1 388 victimes civiles ont été comptabilisées, dont 767 morts et 457 blessés. Ce chiffre représente une augmentation de 67 % par rapport aux trois mois précédents. De plus, plus de 263 000 personnes ont été déplacées dans le Jonglei, les Lacs et le Haut-Nil.

Malgré l’embargo sur les armes, des transferts importants d’équipements militaires continuent d’entrer dans le pays. Des rapports indiquent que des armes neuves sont fournies aux Forces de défense du peuple sud-soudanais (SSPDF), alors que de nombreux soldats manquent de ressources essentielles. Ce paradoxe exacerbe la crise, fragilisant l’économie déjà dépendante des revenus pétroliers.

Les élections nationales, prévues pour le 22 décembre 2026, demeurent incertaines. Les responsables politiques continuent de contrôler des groupes armés, rendant la situation volatile. L’Union africaine et d’autres organismes appellent à un retour au dialogue, mais sans moyens concrets pour imposer une cessation des hostilités.

Les habitants du Soudan du Sud, habitués à la guerre, ressentent déjà les signes d’un nouveau conflit imminent, témoignant d’une réalité alarmante et complexe.

Source : Afrique XXI

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