Retour de la peine de mort en Algérie : enjeux et positions divergentes des acteurs politiques

Retour à l’application de la peine de mort en Algérie : les pour et les contre

Retour à l’application de la peine de mort en Algérie : les pour et les contre

Le rétablissement de l’application de la peine de mort en Algérie divise la classe politique. Cette décision, annoncée par le président Abdelmadjid Tebboune le 30 août, fait suite à des incendies meurtriers ayant touché plusieurs régions du pays. Les exécutions seront limitées à deux crimes spécifiques : les incendies volontaires causant des décès, et l’enlèvement, meurtre et services sur enfants. L’Algérie applique un moratoire sur les exécutions depuis 1993.

Une large partie de la classe politique et de la société civile soutient cette me, bien que des voix s’y opposent fermement.

Soutiens politiques

Le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND) ont exprimé leur approbation. Abdelkrim Benmebarek, secrétaire général du FLN, a déclaré que ceux qui commettent de tels crimes ne méritent pas la liberté. De son côté, Mounder Boudene, secrétaire général du RND, a soutenu le durcissement des peines contre les auteurs des incendies, y compris la peine de mort. Abdallah Djaballah, président du Front de la justice et du développement (FJD), a également exprimé son soutien, critiquant ceux qui s’opposent à cette décision.

Opposition à la peine de mort

Les opposants incluent le Front des Forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Parti des Travailleurs et Jil Jadid. Youcef Aouchiche, premier secrétaire du FFS, a qualifié la levée du moratoire de « régression ». Atmane Mazouz, président du RCD, a affirmé que son parti votera contre toute loi visant à rétablir la peine de mort, soulignant le droit à la vie comme un principe fondamental.

Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des Travailleurs, a mis en avant les risques d’erreurs judiciaires irréversibles, tandis que Jil Jadid a déclaré que la peine de mort ne constitue pas une solution appropriée.

Contexte juridique

Du côté des juristes, Me Boudjemaa Gherchir a indiqué qu’il n’existe pas d’accords internationaux contraignant l’Algérie à suspendre ou abolir la peine de mort. La résolution 62/149 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui appelle à une abolition progressive, n’est pas contraignante.

Cette décision du gouvernement algérien marque un tournant dans le débat sur la peine de mort, suscitant des réactions contrastées au sein de la société et des institutions politiques.

Source : TSA Algérie

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