Retards de paiement : la France se distingue au sein d’une Europe variée sur ce sujet.

Retards de paiement : la France améliore ses positions dans une Europe contrastée

Retards de paiement : la France améliore ses positions dans une Europe contrastée

Au premier semestre 2026, les entreprises françaises ont réglé leurs factures avec un retard moyen de 12,3 jours, contre 14,1 jours en 2025, selon le cabinet Altares. Ce recul notable place la France désormais sous la moyenne européenne de 13,1 jours, une première depuis trois ans. Après une dégradation continue entre 2023 et 2025, les délais de paiement reviennent à des niveaux plus sains, notamment grâce aux performances des TPE et PME.

Un redressement spectaculaire après deux années de dégradation

Au printemps 2026, un changement significatif se dessine. Les tensions financières qui pesaient sur les trésoreries depuis fin 2023 s’atténuent. Les retards se réduisent de 1,8 jour en moyenne, libérant des milliards d’euros dans l’économie. Thierry Millon, directeur des études chez Altares, souligne que ce printemps pourrait marquer le retour à une discipline de paiement rigoureuse. Les entreprises françaises retrouvent leur meilleur niveau depuis trois ans et se situent sous la moyenne européenne.

Près d’une entreprise sur deux paie désormais à l’heure

La proportion d’entreprises respectant les échéances a nettement progressé. En 2026, 49,7 % des sociétés françaises paient leurs fournisseurs à temps, contre 45,2 % en 2025. Les retards de plus de 30 jours concernent seulement 7,5 % des transactions, un seuil historiquement bas. Tous les segments bénéficient de cette amélioration, bien que les rythmes varient.

La France dépasse enfin la moyenne européenne

En Europe, les performances varient. Les Pays-Bas se distinguent avec 82,7 % des entreprises payant sans retard et un délai moyen de 2,9 jours. L’Allemagne et la Belgique suivent avec des retards respectifs de 9,8 et 11,2 jours. La France, avec 12,3 jours, se situe au-dessus de ces pays mais en dessous de la moyenne européenne. À l’inverse, le Portugal enregistre 23,3 jours de retard moyen et seulement 21,2 % d’entreprises réglant à temps.

Les petites entreprises tirent le wagon, les grandes freinent

Les TPE affichent la meilleure discipline avec un retard moyen de 11,7 jours, tandis que les PME de 10 à 49 salariés ne présentent que 11,1 jours. Un écart de près de 8 jours sépare ces petites structures des grandes entreprises de plus de 1 000 salariés, qui atteignent 19,6 jours. Les entreprises de 50 à 249 salariés montrent également une amélioration, avec 12,7 jours de retard.

Les grands groupes et le secteur public : les mauvais élèves

Les grandes entreprises exploitent leur pouvoir de négociation pour différer les paiements, imposant ainsi un financement gratuit à leurs fournisseurs plus petits. Le secteur public, avec un retard moyen de 14 jours, se montre également problématique, dépassant de 2,3 jours le secteur privé.

Délais de paiement : comment expliquer ce retournement ?

Thierry Millon indique que la facturation électronique joue un rôle clé dans cette amélioration. L’obligation progressive de facturation électronique pousse les entreprises à automatiser leurs processus, réduisant ainsi les erreurs administratives et facilitant le suivi des échéances. Toutefois, il reste prudent, notant que bien que l’Europe réduise les retards les plus sévères, les paiements à l’échéance n’augmentent pas.

Source : Altares.

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