On met en péril nos exploitations à ne pas arroser comme on veut

Alors que la Préfecture du Finistère a instauré des restrictions d’eau dans tout le département en raison des fortes chaleurs récentes qui menacent les niveaux des cours d’eau et des nappes phréatiques, des agriculteurs ont décidé de passer outre. Ils continuent d’irriguer leurs parcelles pour « ne pas perdre les cultures déjà en péril ».

« On met en péril nos exploitations à ne pas pouvoir arroser quand on veut », argue Cédric Le Velly. Ce producteur de légumes finistérien continue d’irriguer abondamment ses parcelles de brocolis, malgré les restrictions renforcées mises en place le 17 juillet dernier par la Préfecture du Finistère. Ces mes ont été instaurées après des épisodes de canicule qui menacent les niveaux d’eau dans tout le département. Actuellement, douze heures d’irrigation sont autorisées chaque nuit pour les agriculteurs, une durée jugée insuffisante par Le Velly, qui s’inquiète pour ses légumes, déjà « brûlés par le soleil ».

« Si mes horaires d’irrigation diminuent, je sais que je vais perdre des cultures. Déjà qu’avec la canicule, les plantes ont chauffé et on n’a pas de la qualité. Mais alors si on ne met plus d’eau, là c’est fini, on n’aura plus rien », déplore-t-il. Il exploite 50 hectares de cultures en plein champ.

La Préfecture rappelle que ces restrictions d’eau visent à « préserver les ressources en eau et de garantir ses usages prioritaires tout au long de la période estivale », notamment pour lutter contre les incendies, de plus en plus préoccupants. Le non-respect de ces mes peut entraîner une amende de 1 500 euros, selon l’article R.216.9 du Code de l’Environnement.

François Borgne, un autre producteur de légumes à Santec, partage également cette préoccupation. Ses salades, récemment plantées, reposent sur un sol sablonneux, aujourd’hui très sec. Il souligne que sans un minimum d’eau, il ne voit pas l’intérêt de continuer à planter. Il souhaite obtenir une dérogation pour élargir les horaires d’arrosage afin que chacun puisse trouver un compromis.

Alors que les prévisions météorologiques n’annoncent pas de pluie significative dans les jours à venir, la situation reste préoccupante pour les agriculteurs et pour les niveaux des cours d’eau et des nappes phréatiques dans le Finistère.

Source : France 3 Bretagne

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