Le port obligatoire du RIO, numéro d’identification des forces de l’ordre, est-il respecté sur le terrain ?
Le R.I.O, acronyme désignant le Référentiel des Identités et de l’Organisation, suscite des préoccupations au sein du ministère de l’Intérieur. Les policiers et gendarmes sont tenus de porter ce numéro d’identification de manière visible, mais de nombreux agents choisissent de le dissimuler pour éviter d’être identifiables en cas de comportements répréhensibles. Ce manquement à la loi soulève des questions sur les sanctions éventuelles. Une réunion sur ce sujet s’est tenue le 16 juillet dernier à Beauvau.
Le RIO est un matricule unique, composé de sept chiffres, devant être affiché sur le gilet ou la manche des agents. Son port est essentiel pour garantir l’identification des forces de l’ordre en cas de litige. Cependant, lors d’une manifestation à Paris le 1er mai, il a été constaté que plusieurs agents ne respectaient pas cette obligation, certains ayant leur numéro masqué par leur équipement. Un agent a même admis que son matricule n’était pas visible.
Dans certaines unités, le RIO était complètement absent sur les uniformes, rendant l’identification des policiers presque impossible, notamment pour ceux de la BRAV-M, souvent critiquée pour ses méthodes. Malgré les rappels réguliers du ministère concernant l’importance de porter le RIO, des agents continuent de ne pas se conformer à cette règle.
Les manifestations de Sainte-Soline, marquées par des violences, ont mis en lumière l’importance de l’identification des agents. Lors de ces événements, 50 gendarmes et 200 manifestants ont été blessés, et une enquête est en cours pour déterminer si des actes illégaux ont été commis, ce qui aurait été facilité par l’absence de matricules visibles.
Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait établi cette règle en 2013, et ses successeurs ont reconnu le problème d’indiscipline au sein des forces de l’ordre. En avril 2023, l’actuel garde des Sceaux a admis qu’il y avait des agents qui ne respectaient pas cette obligation.
Concernant les sanctions, le ministère n’a pas fourni d’informations précises. Le syndicat Alliance Police Nationale, tout en affirmant respecter la loi, a critiqué la me, la qualifiant de futile. Son porte-parole a exprimé des préoccupations sur le fait que la mise en œuvre de cette règle semble être devenue une source de tensions internes.
Malgré ces réticences, le Conseil d’État a ordonné qu’un nouveau modèle de RIO, plus grand et plus visible, soit mis en place d’ici la fin de l’année, soulignant ainsi l’importance de cette identification pour les forces de l’ordre.
Source : Franceinfo