L’encadrement des loyers est-il vraiment respecté à Grenoble ?
À l’échelle nationale, l’encadrement des loyers semble encore loin d’être pleinement intégré dans les pratiques locatives. Selon le 6e baromètre annuel publié par la Fondation pour le logement, 37 % des annonces analysées dépassent les plafonds légaux, marquant une hausse de 5 points par rapport à 2025.
Ce phénomène est particulièrement accentué à Paris, où 46 % des offres sont illégales, avec des pics atteignant 64 % dans le 3e arrondissement. Les petites surfaces, notamment les logements de 10 m² ou moins, sont les plus touchées, avec 92 % d’entre eux franchissant les limites imposées par la loi. En revanche, le montant des dépassements semble se stabiliser, avec un surloyer moyen s’élevant à 159 € par mois en France, contre 191 € l’année précédente.
Lyon bon élève, Grenoble peut mieux faire
Dans les métropoles régionales, les écarts sont marqués. Montpellier se distingue comme le meilleur élève avec seulement 12 % d’annonces non conformes et un dépassement moyen de 63 €. Bordeaux, quant à elle, présente une amélioration notable avec 17 % d’infractions, contre 37 % en 2023.
Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, Lyon se positionne comme un bon élève, avec 26 % d’annonces non conformes et un dépassement moyen de 122 €. En revanche, Grenoble, qui a instauré l’encadrement des loyers en janvier 2025, affiche un taux d’irrégularité élevé de 43 %, bien que ce chiffre soit en légère baisse de 2 points par rapport à l’année précédente. Plus préoccupant, la métropole détient le record national du dépassement moyen le plus élevé, avec 258 € de surloyer mensuel réclamés en trop.
La tentation des « faux » compléments de loyer
Le rapport met également en lumière un contournement de la loi par le biais de compléments de loyer souvent jugés abusifs. Certaines agences immobilières exigent jusqu’à 326 € supplémentaires pour des aménagements tels qu’une « cuisine équipée », ou facturent des éléments de confort de base sous forme de forfait mensuel, comme 30 € pour une télévision à écran plat ou 20 € pour une machine à café.
Alors que le texte de prolongation de l’encadrement des loyers doit être débattu au Sénat en octobre, la Fondation pour le Logement appelle à un renforcement des contrôles administratifs pour sanctionner les bailleurs fraudeurs et garantir la pérennité de la me.
Source : Fondation pour le logement

