Voici ce qui se cache derrière la volonté de certains touristes de réserver leur transat : « Le cerveau entre en mode survie »
La pratique de réserver des transats en vacances est devenue courante, surtout parmi les Français et les Italiens, selon un sondage de l’institut britannique YouGov. Près de 50 % des sondés affirment avoir déjà accaparé un transat, une tendance qui s’étend également aux plages, où les Italiens sont surnommés « furbetti dell’ombrellone », ou accapareurs de parasols.
Cette réservation précoce des transats est souvent expliquée par un changement de comportement lié aux vacances. Eva van den Broek, économiste comportementale, souligne que face à une transgression des normes sociales, comme le non-respect des espaces réservés, une réaction de panique s’installe. Elle compare cela à la manière dont les gens ajoutent des déchets à un endroit déjà encombré. L’effet de possession, ancré dans notre histoire, joue également un rôle important : ce que nous utilisons, même un simple transat, prend une valeur particulière à nos yeux.
Le neurologue Steven Laureys met en avant la peur de l’exclusion, ou FOMO (Fear of Missing Out), qui pousse les individus à agir de manière contraire à leur éthique. Bien que nous sachions que laisser une serviette pour réserver un transat est socialement inacceptable, la peur de se retrouver sans place prime souvent sur notre conscience morale. Laureys évoque également la « tragédie des biens communs », où des comportements égoïstes nuisent à l’intérêt collectif, soulignant que ne pas avoir de transat est perçu comme plus douloureux que la culpabilité de tricher.
Un autre facteur est l’anonymat que permet le voyage. Dans un cadre étranger, les individus se sentent moins contraints par leur réputation, ce qui facilite des comportements moins conformes. Pour atténuer ce phénomène, Laureys recommande de faire preuve de compréhension envers ceux qui réservent des transats, expliquant que cela résulte d’un cerveau en mode survie.
La tendance à réserver des transats est révélatrice d’un cercle vicieux lié au tourisme de masse, où les comportements égoïstes peuvent devenir la norme.
Source : La Libre



