Réseaux sociaux : pourquoi retarder l'accès des ados est essentiel selon une étude

Réseaux sociaux : pourquoi retarder l’accès des ados est essentiel selon une étude

Alors que la France attend l’aval de la Commission européenne concernant sa loi sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, le gouvernement britannique envisage de les interdire aux moins de 16 ans. Ces mes visent à protéger la santé mentale des adolescents et préadolescents.

Une étude récente publiée dans l’American Journal of Psychiatry révèle qu’une autre raison de limiter l’accès des adolescents aux réseaux sociaux est leur association avec une augmentation de la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un lien de cause à effet, l’étude établit une corrélation entre l’utilisation précoce des réseaux sociaux et ces comportements à risque.

Fréquemment, précocement : gare à l’usage démesuré

L’équipe du Dr Jason M. Nagata, auteur principal de l’étude et professeur agrégé de pédiatrie à l’Université de Californie à San Francisco, a identifié quatre modèles d’utilisation des médias sociaux chez les préadolescents et adolescents âgés de 9 à 16 ans :

  • Une utilisation nulle ou très faible ;
  • Une utilisation modérée avec augmentation progressive ;
  • Une utilisation intermédiaire avec augmentation rapide, comprenant des enfants ayant commencé à utiliser leur téléphone vers l’âge de 11 ans ;
  • Une utilisation précoce avec augmentation rapide, incluant des enfants ayant commencé à utiliser les réseaux sociaux à l’âge de 9 ans.

L’étude indique que les adolescents ayant utilisé les réseaux sociaux le plus précocement et le plus fréquemment (3 heures ou plus par jour) avaient près de 17 fois plus de risque d’expérimenter le cannabis et 14 fois plus de risque d’expérimenter le tabac que ceux qui allaient peu ou pas du tout sur les réseaux sociaux.

Des publicités incitatives

Le Dr Nagata souligne que les adolescents exposés à des publicités ciblées liées à des substances nocives sur les réseaux sociaux sont plus susceptibles d’expérimenter ces substances. Ces publicités présentent souvent l’alcool, le tabac ou le cannabis sous un jour positif, en omettant leurs effets négatifs, et facilitent des achats impulsifs.

Exemple et communication

Sans prôner l’interdiction totale des réseaux sociaux, l’Académie américaine de pédiatrie et l’association américaine de psychologie recommandent aux parents de rester vigilants. Établir un « contrat » d’utilisation des réseaux sociaux avec leurs adolescents peut les inciter à limiter leur usage. Le Dr Nagata conseille de ne pas attendre qu’un problème survienne, mais d’être proactif en discutant des contenus visionnés, en vérifiant l’usage des réseaux sociaux et en partageant des expériences. Le dialogue entre parents et enfants est crucial, tout comme l’exemple que les parents doivent donner en matière d’utilisation des réseaux sociaux.

Source : American Journal of Psychiatry et CNN.

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