De TikTok à Facebook : comment les réseaux sociaux luttent-ils contre l’AI slop ?
Snapchat a annoncé, le 31 juillet 2026, qu’il ne recommandera plus les vidéos entièrement générées par l’intelligence artificielle sur son flux de vidéos verticales, Spotlight. Cette décision s’inscrit dans une volonté de promouvoir la créativité authentique des utilisateurs, en réponse à une inquiétude croissante concernant la qualité des contenus sur la plateforme. Le réseau social, qui compte 483 millions d’utilisateurs actifs quotidiens, a précisé que les contenus enrichis par l’IA ne seront pas pénalisés, soulignant ainsi que l’IA peut être un outil d’expression créative.
Cette annonce coïncide avec l’entrée en vigueur de l’article 50 de l’AI Act dans l’Union européenne, qui impose le marquage de certains contenus générés par l’IA. Snapchat prévoit d’ajouter des indicateurs de transparence sur les vidéos modifiées par ses outils, en adéquation avec ces nouvelles obligations.
La lutte contre l’AI slop, terme désignant les contenus de faible qualité générés par l’IA, répond également à des enjeux économiques. Une étude récente de Gallup a révélé une baisse de l’enthousiasme pour l’IA générative parmi la génération Z, avec une chute de 36 % à 22 % entre 2025 et 2026. Parallèlement, le mécontentement envers ces technologies a augmenté, passant de 22 % à 31 %.
Face à cette situation, d’autres plateformes sociales ont également pris des mes. LinkedIn, par exemple, a mis en place un système de détection des publications jugées « bâclées et produites par l’IA ». Selon une étude, 40 % des publications de plus de 250 mots sur LinkedIn ne seraient pas rédigées par des humains. La plateforme a introduit un bouton permettant aux utilisateurs de signaler les contenus suspects, visant à maintenir la qualité des échanges professionnels.
Meta, la maison mère de Facebook, a adopté une approche plus permissive. Bien que Facebook soit souvent critiqué pour la qualité de ses contenus, il a introduit un filigrane, l’AI Info, pour les contenus générés par l’IA. Cependant, les mes restent limitées, et la plateforme n’a pas ajusté son algorithme pour déprécier les contenus synthétiques, préférant se concentrer sur l’originalité.
TikTok, quant à lui, a été l’un des premiers à introduire des outils pour lutter contre l’AI slop. En septembre 2023, il a permis aux créateurs de signaler les contenus générés par l’IA, et en mai 2024, il est devenu le premier réseau à adopter le standard C2PA Content Credentials, permettant de tracer l’historique des fichiers. Malgré ces efforts, une étude a révélé qu’en juin 2026, 59 % des vidéos proposées à de nouveaux utilisateurs sur TikTok étaient considérées comme synthétiques.
YouTube a également renforcé ses politiques. Dès mars 2024, la plateforme a exigé que les créateurs indiquent si un contenu avait été fabriqué à partir de médias modifiés par l’IA. En mai 2026, elle a déployé un système de détection automatique pour labelliser les contenus générés par l’IA, tout en excluant de son programme de monétisation les vidéos jugées inauthentiques.
Ces initiatives témoignent d’une prise de conscience croissante des défis posés par les contenus générés par l’IA, tant en termes de qualité que de confiance des utilisateurs. Les plateformes tentent d’équilibrer l’innovation technologique avec la nécessité de préserver une expérience utilisateur de qualité.
Sources : Gallup, Search Engine Land, New York Times.


