Les réseaux sociaux déjà interdits aux moins de 16 ans en Australie… Pour quels résultats ?

Les réseaux sociaux déjà interdits aux moins de 16 ans en Australie… Pour quels résultats ?

Alors que le parlement français vient d’entériner une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, les regards se tournent vers l’Australie. Depuis décembre 2025, les adolescents australiens ne peuvent plus accéder aux réseaux sociaux tels que Snapchat, TikTok ou Instagram s’ils ont moins de 16 ans. Cependant, cette interdiction suscite des interrogations quant à son efficacité.

Une étude publiée par la British Medical Revue le 25 juin 2026 révèle que 85 % des adolescents de moins de 16 ans continuent d’utiliser les réseaux sociaux en contournant facilement les contrôles d’âge mis en place. En effet, les plateformes se contentent souvent de demander aux utilisateurs s’ils ont plus de 16 ans ou, dans certains cas, de fournir un selfie.

37 % de comptes en moins en Australie

Selon les autorités australiennes, le nombre de comptes détenus par des adolescents de moins de 16 ans a diminué de 37 % depuis l’instauration de l’interdiction. Une enquête réalisée par le quotidien australien The Daily Telegraph en mai, auprès de 700 adolescents âgés de 12 à 15 ans, révèle que 20 % d’entre eux ont quitté les réseaux sociaux depuis la mise en place de la loi. Ils consacreraient également 30 minutes de moins chaque jour à ces plateformes, un temps désormais dédié à d’autres activités telles que le sport, la lecture, ou les jeux vidéo.

Certains experts estiment qu’il est inefficace d’interdire les réseaux sociaux aux adolescents. Interrogée par PARENTS, la thérapeute Emmanuelle Piquet a qualifié cette approche de « très mauvaise idée ». Selon elle, la régulation des usages et la sensibilisation aux risques seraient des solutions plus adaptées. Elle souligne l’importance pour les parents de dialoguer avec leurs enfants sur leurs interactions en ligne.

Comment mettre la loi en place ?

La mise en œuvre de cette interdiction s’avère complexe. En Australie, les autorités rencontrent des difficultés pour faire appliquer la loi aux plateformes. Les procédures judiciaires pour infliger des amendes aux réseaux sociaux peuvent prendre plusieurs mois, et il existe un flou quant à la responsabilité de la vérification de l’âge des utilisateurs. Certains estiment que c’est aux plateformes de s’en charger, tandis que d’autres plaident pour une vérification directe au niveau du navigateur.

Cette situation soulève des questions sur la capacité des gouvernements à protéger les jeunes utilisateurs des effets potentiellement néfastes des réseaux sociaux, tout en respectant leur liberté d’accès à l’information.

Source : British Medical Revue, The Daily Telegraph

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