Reprise partielle de l’activité d’Eramet Grande Côte au Sénégal
Au Sénégal, l’activité minière d’Eramet a redémarré à 30 % de son niveau habituel depuis la fin avril dans la région de Grande-Côte. Ce site, où sont extraits des sables minéralisés tels que le zircon et l’ilménite, avait été affecté par un incendie survenu en février.
Eramet a versé 76 millions d’euros à l’État sénégalais en 2025 sous forme d’impôts et de taxes, représentant une contribution totale estimée à 230 millions d’euros, incluant également les achats locaux, la masse salariale et les investissements communautaires. Frédéric Zanclan, directeur d’Eramet Grande Côte, a indiqué que cette année, la baisse de l’activité se fera sentir : « Sachant qu’on sera cette année à un peu plus du tiers de notre production nominale, cela impliquera une baisse de ces contributions. Mais à ce stade, nous n’avons pas encore les chiffres. »
Avant l’incendie, Eramet était le sixième contributeur minier au budget de l’État du Sénégal. La diversification des revenus miniers et extractifs, avec des volumes de gaz et de pétrole exportés supérieurs aux prévisions, pourrait atténuer cette baisse, selon Youga Sow, consultant en stratégie minière. Toutefois, il souligne que l’impact ne sera pas neutre, affirmant que « chaque sou compte » dans un contexte économique difficile.
Un coup social et humain important
Seule une partie des 3 000 employés d’Eramet a été rappelée pour relancer la production. Les salariés directs au chômage bénéficient d’un soutien, avec jusqu’à 73 % de leur salaire pour les ouvriers, tandis que le minimum est d’environ 50 % pour l’ensemble des salariés. Environ 2 500 employés ne sont pas directement rattachés à Eramet et ne reçoivent pas la même aide. Certains sous-traitants et intérimaires se retrouvent en chômage technique ou en licenciement.
Retour à la normale au 1er trimestre 2027 ?
Eramet a confirmé que son objectif de produire un million de tonnes de sables minéralisés cette année n’est plus réalisable. Les prévisions pour 2026 se situent entre 300 000 et 400 000 tonnes. La société est actuellement en phase d’appel d’offres pour le recrutement de prestataires et l’achat d’équipements nécessaires pour relancer son usine flottante, touchée par l’incendie. Frédéric Zanclan espère un retour à 100 % de la capacité nominale au premier trimestre 2027.
Source : RFI
