Reporters sans frontières accuse le renseignement allemand d’entrave à la liberté de la presse
La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) s’apprête à examiner une plainte déposée par l’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF) concernant les pratiques de surveillance des journalistes par les services de renseignement extérieur allemands. Cette question soulève des préoccupations quant au droit du Service fédéral de renseignement (BND) à hacker les journalistes et à installer des logiciels espions sur leurs téléphones.
RSF affirme que le cadre juridique allemand actuel enfreint la Convention européenne des droits de l’homme, que la CEDH est chargée de protéger. L’ONG soutient que l’utilisation de ces programmes espions constitue une atteinte à la liberté d’informer et à la vie privée. Elle souligne que même si un journaliste n’est pas directement ciblé, le simple fait d’interagir avec une personne surveillée peut suffire à le compromettre.
Les juges de Strasbourg considèrent cette plainte comme une affaire de grande importance, qu’ils traiteront en priorité. Cette décision intervient alors que le gouvernement allemand envisage une réforme visant à renforcer les pouvoirs de surveillance du BND.
RSF a précédemment sollicité la Cour constitutionnelle allemande sans succès. L’ONG met en lumière l’impact dissuasif que ces pratiques peuvent avoir sur les lanceurs d’alerte, qui pourraient hésiter à contacter des journalistes. De plus, elle critique le manque de recours pour les professionnels de l’information face à la surveillance, ainsi que l’opacité du contrôle exercé par le Bundestag sur les services de renseignement.
Une autre plainte, déposée par RSF et la Société pour les droits civils, a déjà été classée comme « d’importance particulière » par la CEDH. Cette plainte concerne principalement la surveillance des communications internationales et met en lumière des inégalités entre journalistes allemands et étrangers.
Source : Die Zeit
