Report du plan canicule pour l’agriculture : une inquiétude grandissante
Le report de quelques jours des annonces gouvernementales destinées à soutenir l’agriculture face à une sécheresse sans précédent et à des canicules répétées suscite une inquiétude croissante parmi les syndicats agricoles. La situation de nombreux agriculteurs est jugée désespérée.
Le ministre de l’Agriculture a justifié ce délai par la nécessité de concertations supplémentaires entre les ministères, alors que le plan d’urgence était initialement prévu pour être annoncé jeudi. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a réagi en soulignant que « quelques jours, ça ne peut pas être quelques semaines ». Il a rappelé que la période de semis du blé commence autour du 20-25 septembre, rendant la décision urgente.
Rousseau a également évoqué le « pronostic vital de l’agriculture », indiquant que plusieurs agriculteurs envisagent de suspendre leur activité, incapables d’acheter les semences ou de nourrir leurs animaux en raison de la lente repousse des prairies. Le syndicat des Jeunes agriculteurs a qualifié ce report de signal « particulièrement négatif » et a exprimé des préoccupations quant à la prise en compte de l’ampleur de la crise par le gouvernement.
L’ensemble des syndicats a tiré la sonnette d’alarme sur la détresse dans les fermes. La FNSEA a appelé à une « intelligence administrative » lors des contrôles, soulignant que certains agriculteurs risquent des sanctions pour ne pas avoir pu respecter certaines pratiques agroécologiques en raison des conditions climatiques défavorables.
La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont également évoqué des mes fiscales pour soutenir l’agriculture sur le long terme. Rousseau a exprimé son souhait d’éviter une aide forfaitaire, préférant des enveloppes distribuées par les préfets. Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne, a réclamé une aide directe de 5.000 euros par agriculteur, soit un total estimé à deux milliards d’euros, pour éviter la disparition de fermes.
Concernant les pertes, Rousseau a noté que les dégâts pourraient dépasser les 10 milliards d’euros, tout en appelant à un « électrochoc » financier pour relancer la production avant 2027. La Coordination rurale, quant à elle, réclame une compensation intégrale des pertes.
Source : TV5MONDE
