Au Crous, les repas à 1 euro généralisés à tous les étudiants
À la rentrée universitaire 2023, tous les étudiants auront la possibilité de bénéficier d’un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires gérés par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous). Cette me, instaurée initialement à la rentrée 2020 pendant l’épidémie de Covid-19, était auparavant réservée aux étudiants boursiers sur critères sociaux et à ceux justifiant d’une situation de précarité. Les autres étudiants devaient payer 3,30 € ou plus. Bien que l’accès aux repas à 1 euro ait été élargi à tous en janvier 2021, il avait été restreint quelques mois plus tard.
Cette généralisation des repas à 1 euro a été obtenue grâce à un accord entre le Parti socialiste et le Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans le cadre du projet de loi de finances 2026.
Un tiers des étudiants sautent des repas faute d’argent
Environ un tiers des étudiants sautent régulièrement des repas par manque de moyens financiers. Anne-Cécile Caseau, chargée d’études à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep), souligne que cette généralisation est une réponse à une demande ancienne, datant de 2021. Une enquête sur la précarité étudiante révèle que de nombreux étudiants internationaux, qui ne sont pas immédiatement éligibles à des bourses, ont des difficultés à s’alimenter. Par ailleurs, de nombreux étudiants non boursiers éprouvent des difficultés à prouver leur situation de précarité.
Baisse de la qualité et limitation
Cependant, des préoccupations émergent concernant la qualité des repas. Clara Privé, du syndicat étudiant Unef, note une diminution de la qualité des repas, les étudiants devant désormais choisir entre un yaourt et un dessert. De plus, les repas à 1 euro sont limités à un par jour. Cela pourrait impacter les étudiants boursiers ou précaires qui avaient l’habitude de se rendre plusieurs fois par jour au restaurant universitaire.
La fréquentation des restaurants universitaires a déjà augmenté de 80 % en cinq ans, atteignant 45 millions de plateaux par an, dont près de la moitié à 1 euro. Pour 2027, une enveloppe additionnelle de 120 millions d’euros est prévue, mais elle servira également à financer des réparations et le remplacement de matériel de cuisine usé.
Clara Privé exprime des inquiétudes quant à l’insuffisance des bourses, tant en nombre qu’en montant, soulignant que cette initiative ne répond qu’en partie aux besoins des étudiants.
Source : Alternatives Économiques

