Rentrée universitaire 2026-2027 : Baddari mise sur l’IA et les parcours sur me
L’université algérienne s’apprête à franchir un nouveau cap technologique et économique. Réunis le 25 juillet à Alger lors de la Conférence nationale des universités, les acteurs du secteur de l’enseignement supérieur ont pris connaissance des grands axes stratégiques pour la prochaine année académique. Présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, cette rencontre a réaffirmé l’ambition des autorités d’ériger les établissements d’enseignement en véritables moteurs de la croissance nationale par le biais du savoir et de l’innovation.
S’inscrivant dans la continuité de la vision prônée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre a insisté sur l’émergence d’un modèle d’enseignement modernisé, à la fois connecté, axé sur l’esprit d’entreprise et vecteur de valeur ajoutée pour le pays.
L’intelligence artificielle s’invite dans la pédagogie
Parmi les nouveautés phares de la feuille de route ministérielle figure l’intégration des outils numériques interactifs. Dès la rentrée, le parcours de chaque étudiant sera personnalisé grâce à un accompagnement virtuel piloté par l’intelligence artificielle. Cet assistant numérique guidera les apprenants dans la sélection de leurs modules d’enseignement afin de concevoir un cursus sur me. Le corps professoral bénéficiera également de ces avancées, avec un modèle linguistique de grande taille (LLM) développé spécifiquement pour la communauté universitaire, soutenant les enseignants dans la création de leurs activités pédagogiques et travaux pratiques. Des solutions basées sur l’IA assisteront également la correction et l’évaluation des travaux, visant à élever les standards d’enseignement aux meilleures normes actuelles.
Vers un pôle économique : 5 000 produits « Made in Algeria » d’ici 2030
Un autre volet majeur de la stratégie ministérielle concerne la valorisation commerciale des travaux universitaires. Baddari a dressé un bilan des dispositifs récents, notant que, entre 2022 et l’été 2026, plus de 2 300 labels de projets innovants ont été délivrés, près de 4 000 brevets ont été déposés, et plusieurs milliers de start-up, micro-entreprises et spin-off ont vu le jour, générant plus de 17 000 emplois directs. L’exécutif vise désormais l’introduction de 5 000 produits issus de la recherche académique sur le marché national d’ici la fin de la décennie, chaque produit devant provenir d’une structure d’entreprise naissante incubée à l’université.
Pour soutenir cet écosystème, la deuxième édition de l’initiative « Proto Market » financera la conception de prototypes technologiques étudiants à hauteur de 1 à 2 millions de dinars par projet. Par ailleurs, après la création d’une première entité de capital-risque à l’Université d’Alger 3, quatre nouveaux fonds d’investissement devraient être mis en place avant la fin de l’année pour garantir des financements durables.
Rayonnement international et amélioration du cadre de vie
L’amélioration de la gouvernance et de la qualité académique commence à porter ses fruits, avec l’obtention de la certification ISO 9001:2015 par cinq institutions clés, dont les universités de Ouargla, Sidi Bel Abbès, Boumerdès, la Formation continue et l’École nationale supérieure de management. Le ministre a exhorté les responsables d’établissements à poursuivre leurs efforts pour renforcer la visibilité et la place des universités algériennes dans les classements internationaux.
Enfin, un accent particulier a été mis sur le volet social. Les réformes engagées dans la gestion des œuvres universitaires ont modernisé l’hébergement et la restauration des étudiants tout en optimisant l’utilisation des ressources budgétaires.
Source : Algerie360
