Rentrée scolaire : et si l’administration préparait aussi la rentrée du citoyen ?
À l’approche de la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027, le Dr Emmanuel Thierry Koumba, universitaire en Sciences de l’information et de la communication à l’UOB et à EM-Gabon Université, souligne la nécessité d’élargir le débat au-delà des salles de classe. Dans une tribune, il plaide pour une « rentrée administrative » axée sur la simplification des démarches, la dématérialisation et une meilleure coordination des services publics. L’objectif est de faire du citoyen non plus le coursier de sa propre administration, mais le véritable bénéficiaire de sa modernisation.
Les dates des rentrées scolaire, technique et professionnelle, ainsi que universitaire pour 2026-2027, sont désormais fixées au Gabon. Le ministère de l’Éducation nationale a fixé la rentrée des classes au 7 septembre 2026 pour les établissements publics et privés, tandis que le ministère de l’Enseignement supérieur se prépare à accueillir environ 32 000 nouveaux bacheliers. Cette situation met en lumière les défis administratifs qui attendent les services concernés.
Cependant, cette rentrée ne concerne pas uniquement les établissements éducatifs. Elle implique également les mairies, préfectures, tribunaux, services d’état civil, et tous les lieux où le citoyen doit fournir des documents pour diverses démarches administratives. La question se pose alors : sommes-nous, comme les années précédentes, en train de préparer la rentrée des élèves et des étudiants sans prendre en compte celle des familles ?
Chaque rentrée scolaire est souvent marquée par des demandes répétées de documents tels que des actes de naissance, des copies certifiées conformes, et autres attestations, faisant du citoyen un véritable coursier de son administration. Une administration moderne devrait, au contraire, utiliser les informations déjà en sa possession pour alléger le fardeau des citoyens.
Le principe « Once Only », défendu par des expériences de transformation numérique comme celle de l’Estonie, stipule qu’une donnée ne devrait pas être demandée plusieurs fois si elle peut être vérifiée entre administrations. Le sociologue Max Weber a montré que la bureaucratie moderne repose sur la rationalisation des procédures, qui doit rendre l’action publique plus prévisible et efficace.
Le moment est donc propice pour réévaluer les méthodes administratives. Le gouvernement gabonais a exprimé son intention de faire de la digitalisation un outil de simplification des procédures. Il est désormais essentiel de passer des déclarations à des actions concrètes.
Il est question de lancer un « plan rentrée administrative simplifiée », où chaque administration identifierait les formalités susceptibles de créer des encombrements. Cela inclurait la vérification des documents déjà détenus par l’État, la suppression de copies certifiées conformes inutiles, et la transparence sur les délais de traitement.
La rentrée 2026-2027 pourrait ainsi devenir un tournant vers une nouvelle culture administrative, favorisant moins de paperasse et davantage de transparence et de confiance. En fin de compte, l’enjeu est de savoir combien de démarches peuvent être évitées au citoyen avant qu’il ne se présente dans une mairie, une préfecture, un tribunal ou une université.
Source : GabonReview


