Rentrée géopolitique : Trump sur tous les fronts
Les défis géopolitiques sont nombreux en cette rentrée. Donald Trump se trouve au centre de chacun d’entre eux, et a échoué dans la majorité des cas.
Concernant la situation en Iran, l’excursion rapide que les États-Unis devaient y mener n’est toujours pas terminée plus de six mois après le début du conflit. La solution militaire initiale n’a pas fonctionné, et Trump a tenté la voie de la négociation. L’Iran, ayant subi deux guerres en juin 2025 et février 2026, ne s’est pas montré empressé de conclure et a fait monter les enchères. Les États-Unis, avec un budget militaire de 1 000 milliards de dollars, sont à court de munitions. En réponse, Trump a déclaré une guerre économique totale contre l’Iran, menaçant tout pays ayant des relations commerciales avec Téhéran de sanctions.
L’Iran, habitué à contourner les sanctions, fait face à un défi supplémentaire : la résistance de la Chine, qui a des intérêts géopolitiques et doit montrer sa fermeté face à Washington. En outre, Trump attend Xi Jinping aux États-Unis pour des concessions économiques, rendant peu probable une guerre commerciale totale à ce sujet.
En revanche, le Canada a résisté aux pressions américaines. Le Premier ministre Marc Carney a déclaré qu’il appliquerait des taxes équivalentes à celles imposées par Washington. Bien que le Canada risque des pertes économiques, Carney a souligné la souveraineté canadienne. Cela représente un échec pour Trump, surtout face à l’Europe, qui a accepté un accord inégal concernant les taxes sur ses exportations.
Trump et son administration ont également ouvert un front politique et juridique contre la Cour pénale internationale. Marco Rubio a proposé de « démanteler » l’institution, en raison de l’implication de l’armée américaine dans des affaires en Afghanistan et en Irak. Des pays comme le Tchad et le Venezuela pourraient céder aux menaces américaines, mais cela représentera un test pour l’Union européenne, qui pourrait se contenter de critiques sans actions concrètes.
Par ailleurs, Trump ne mène pas de guerre pour protéger la planète. Le phénomène océanographique El Niño pourrait aggraver la situation climatique, alors que des incendies et des inondations se multiplient. Les États-Unis, en réduisant leurs programmes d’aide, aggravent la crise sanitaire dans des pays comme la République démocratique du Congo, où le virus Ebola se propage.
Enfin, deux conflits auxquels Trump avait promis de mettre fin se poursuivent. La guerre entre la Russie et l’Ukraine continue d’augmenter le nombre de morts civils, tandis qu’au Proche-Orient, l’armée israélienne renforce son contrôle sur Gaza et la Cisjordanie, éloignant la perspective d’une paix durable.
Dans un domaine où Trump a réussi, mais de manière contestable, il a signé un accord avec le Venezuela pour contrôler ses réserves de pétrole. Cela soulève des questions sur la légitimité de l’action, considérée comme une atteinte aux normes internationales.
Source : Le Monde.

