Rentrée économique : l’UPE 13 signale un climat anxiogène pour les entreprises en France.

Rentrée économique. L’UPE 13 alerte sur un climat « anxiogène » pour les entreprises

Publié le 4 septembre 2026 à 9h10 – Dernière mise à jour le 4 septembre 2026 à 9h11

On a connu des rentrées économiques plus optimistes. Jean-Christophe Amarantinis, le nouveau président de l’UPE 13, affirme ne jamais avoir connu un climat aussi anxiogène, avec des chefs d’entreprise qui hésitent à investir faute de visibilité sur l’avenir. « Tout le monde est inquiet, les patrons comme les salariés », résume-t-il.

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Jean-Christophe Amarantinis, le nouveau président de l’UPE 13 (Photo Joël Barcy)

Inquiétude extrême

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas pris la présidence de l’UPE 13 dans une période euphorique. Jean-Christophe Amarantinis ne veut pas faire pleurer dans les chaumières mais se veut cash. « On est dans l’inquiétude permanente, on n’a pas de vision à long terme. Avec la présidentielle puis les législatives l’an prochain, tout est à l’arrêt. Les chefs d’entreprise ne se projettent plus. L’investissement est en chute libre. Les demandes de crédits bancaires ont chuté de 25 à 30 % sur ces deux dernières années. Tout est sclérosé. Les entreprises n’osent pas se projeter sur trois à cinq ans. C’est une catastrophe pour l’emploi et l’outil de production. » À cela s’ajoutent la hausse du coût de l’énergie et celle des matières premières. Cet alourdissement des charges risque, selon lui, de créer de sérieuses difficultés : « On s’attend à des liquidations à terme sur cet exercice. »

« Fos-Berre est à l’arrêt »

À ce climat morose s’ajoutent de lourds nuages sur le dossier de la décarbonation du secteur de Fos-Berre. « On nous le fait à l’envers, on nous prend pour des imbéciles. L’État n’a pas de sanctuarisation financière sur ce dossier. Il vantait ce vaste projet européen mais il n’a plus les engagements fermes et irrévocables évoqués par le passé. La ligne THT (très haute tension) est en sommeil. » Or, plus de 50 projets industriels sont actuellement recensés sur la zone. Ils représenteraient entre 15 et 20 milliards d’euros d’investissements annoncés et un potentiel de plus de 10 000 emplois directs. Faute de capacités électriques suffisantes pour permettre aux sites existants de se décarboner, de se moderniser et de rester compétitifs, près de 30 000 emplois pourraient, à plus ou moins long terme, être fragilisés par le recul ou le départ d’activités. « On va se mobiliser dès la semaine prochaine avec le Medef, mais aussi les syndicats de la métallurgie et de la chimie, pour qu’il y ait un engagement ferme de l’État sur ce dossier. »

Apprentissage : préserver une dynamique menacée

Autre priorité de cette rentrée : l’emploi et les compétences. La Région Sud compte plus de 71 000 jeunes formés chaque année par l’alternance, avec un taux d’insertion annoncé de 70 %. Mais, parallèlement, l’Insee anticipe au niveau national une diminution de 65 000 entrées en apprentissage en 2026. L’UPE 13 demande donc que les aides soient confortées et sanctuarisées afin de préserver la dynamique de l’apprentissage. L’organisation patronale veut également renforcer les passerelles entre les entreprises, les CFA, les établissements d’enseignement et les jeunes. Une question qui rejoint directement celle des difficultés de recrutement rencontrées dans plusieurs secteurs et, à plus long terme, celle des compétences nécessaires aux nouvelles activités industrielles attendues dans le département.

Tourisme : fréquentation ne rime plus forcément avec rentabilité

« On est satisfaits par la fréquentation touristique de notre territoire », concède Jean-Christophe Amarantinis. En revanche, les augmentations de charges ont été telles qu’elles ont pesé sur le bilan comptable. Matières premières, énergie, carburants, masse salariale, difficultés de recrutement et de logement des saisonniers ou encore problèmes de mobilité sont venus directement rogner les marges. « Les chiffres d’affaires sont là mais les résultats nets ne sont pas bons. » L’enjeu est loin d’être marginal : le tourisme représente environ 8 % de la richesse produite dans les Bouches-du-Rhône et plus de 30 000 emplois. L’UPE 13 estime donc que la fréquentation ne peut plus constituer le seul thermomètre de la réussite touristique. La valeur créée sur le territoire doit également être prise en compte. Cela passe notamment par la poursuite de la désaisonnalisation et le développement du tourisme d’affaires, culturel, industriel et de savoir-faire. « Notre ambition ne doit pas être seulement d’accueillir toujours plus de visiteurs, mais de faire des Bouches-du-Rhône une destination attractive toute l’année, créatrice de valeur et d’emplois durables pour notre territoire », défend le président de l’UPE 13.

« On paie la facture ! »

Cerise sur le gâteau : l’État avait promis que le passage à la facture électronique en septembre se ferait sans douleur. Selon le président de l’UPE 13, il n’en est rien.  « Nos adhérents, qui sont de bons élèves, ont parfaitement respecté la réglementation qui impose de passer à la facture électronique au 1er septembre. La mauvaise surprise de ce dispositif, c’est que l’État nous avait promis que le secteur économique serait aidé financièrement et que cela ne coûterait rien aux entreprises de basculer à la facture électronique. Or, malheureusement, on n’aura pas d’aides financières. Il faut donc prendre des prestataires et des abonnements coûteux pour respecter cette réglementation. Ce n’était pas du tout prévu.»

Changement climatique : anticiper plutôt qu’ajouter des contraintes

Les épisodes de canicule et les incendies de l’été ont également fait leur entrée dans les préoccupations économiques. Avec 51 % du territoire régional couvert de forêts, l’UPE 13 considère que le changement climatique affecte désormais directement l’organisation du travail et la continuité de l’activité des entreprises. Mais l’organisation patronale met en garde contre la tentation de répondre à ces nouveaux risques par une nouvelle accumulation de normes, notamment pour les TPE-PME. Elle plaide plutôt pour l’anticipation, la prévention et la mise en place de dispositifs territoriaux de résilience.

Reportage Joël BARCY

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