Viktor Cvetkovic / Getty Images
Pourquoi partager les photos de rentrée de ses enfants sur les réseaux est une mauvaise idée
Le phénomène du « sharenting », qui consiste à partager des photos de ses enfants sur les réseaux sociaux, suscite des préoccupations croissantes. Bien que ces images puissent sembler innocentes, leur publication peut comporter des risques importants.
Les spécialistes soulignent que les images partagées en ligne peuvent être utilisées à des fins malveillantes. L’association e-Enfance indique que « les images postées en ligne peuvent être réutilisées sans votre accord pour créer de faux profils » ou « pour alimenter des bases d’images, notamment à des fins pédocriminelles ». Selon un rapport de la Fondation pour l’enfance, « 50 % des images ou des vidéos d’enfants échangées sur les forums pédocriminels ont été initialement publiées par leurs parents via les réseaux sociaux ». De plus, avoir un profil privé n’est pas une garantie d’immunité contre ces risques, avertit la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés).
L’émoji sur le visage ne suffit pas
À l’ère de l’intelligence artificielle, la récupération des images pose des défis supplémentaires. La Cnil met en garde contre la possibilité de créer des hyper-trucages (ou deep-fakes) à partir de photos publiées, ce qui peut entraîner des contenus pédopornographiques difficiles à retirer.
Même en masquant le visage de l’enfant avec un émoji, des informations sensibles peuvent être divulguées. Lisa Ventura, spécialiste en cybersécurité, souligne que « même avec un visage couvert, vous partagez une quantité massive d’informations », incluant l’âge de l’enfant, ses trajets, et sa localisation.
Précautions
Avant de publier une photo, il est conseillé de prendre plusieurs précautions. La Cnil recommande de ne pas partager d’images de votre enfant avec tous vos abonnés et de privilégier des méthodes de partage privées, comme un groupe WhatsApp ou un album papier.
Il est également conseillé d’éviter les photos où l’on voit le visage, le nom ou des lieux identifiables. Les parents doivent être vigilants quant aux situations dans lesquelles l’enfant est photographié, particulièrement s’il s’agit de moments vulnérables.
Avant de publier, il est nécessaire d’en parler avec l’enfant et d’obtenir son accord en fonction de son âge et de sa maturité. La loi du 19 février 2024 vise à garantir le respect du droit à l’image des enfants et souligne que les parents doivent protéger leur vie privée.
Pour évaluer si une photo peut être partagée publiquement, Lisa Ventura propose un conseil simple : « Si vous ne donneriez pas une version physique de cette photo à un inconnu dans la rue, ne la postez pas en ligne ».
Source : HuffPost

