Spectacle vivant fragilisé : comment aborder la rentrée ?
Le spectacle vivant fait sa rentrée après un été marqué par une crise budgétaire. En juillet, vingt-huit grandes institutions ont vu une partie de leurs crédits gelés, avant que l’État ne revienne finalement sur cette décision. Cependant, l’alerte persiste : les coupes déjà appliquées par l’État et les collectivités territoriales ont conduit certains théâtres à réduire leur programmation.
Le spectacle vivant face aux incertitudes budgétaires
Les premières coupes budgétaires ont eu lieu en mars-avril 2026, en cours de saison artistique, menaçant l’équilibre des structures culturelles. Emmanuel Demarcy-Mota rappelle que la défense des missions de service public est essentielle : « La culture c’est tout un maillage gigantesque dans ce pays qui vient de Malraux et dont il faut rappeler la force et l’importance. Notre rôle c’est d’avoir une vision à moyen et long terme, c’est de penser l’avenir avec des artistes. »
Joséphine Checco, élue au Syndéac, souligne la nécessité d’un moratoire sur ces coupes budgétaires. Elle insiste sur l’importance d’ouvrir un dialogue pour discuter de ces décisions et demande le retour au 1% culturel, qui est actuellement autour de 0,7% du budget global de l’État et 0,22% pour la création.
Replacer la culture au cœur du débat
Frédéric Belier-Garcia évoque l’importance de la rencontre avec les publics : « Le théâtre dans le cheminement de chacun est une marche culturelle haute. » Les intervenants rappellent la vocation inclusive de leurs théâtres. Joséphine Checco ajoute que leur travail sur le territoire et avec les habitants vise à contrer les critiques d’élitisme.
Emmanuel Demarcy-Mota conclut en affirmant que « c’est le collectif qui est touché, dans un pays qui est en pleine fracture. » L’échange se prolonge autour des enjeux de service public et de la nécessité de replacer la culture au cœur du débat politique et sociétal.
A découvrir : Symphony of Rats de The Wooster Group au Théâtre de la Commune.
Extrait sonore : Discours à plusieurs voix dans la Cour d’honneur du Palais des papes à Avignon, juillet 2016.
Source : France Culture

