Rénovation thermique des écoles : la responsabilité des maires ?
Face à la canicule, l’État se défausse-t-il de sa responsabilité ? Alors que le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, évoque “3 milliards d’euros mis sur la table” pour les écoles, la réalité sur le terrain révèle un financement insuffisant et des collectivités en difficulté face à une équation complexe à résoudre.
Les écoles en France sont mal adaptées aux fortes chaleurs. Selon Édouard Geffray, cette situation ne relève pas de la responsabilité de l’État. Il a déclaré le 17 juin dernier : « Tous ces bâtiments appartiennent aux collectivités territoriales, pas à l’État. Nous, on finance. 3 milliards d’euros ont été mis sur la table, et aujourd’hui, 24 millions de mètres carrés sont en cours de rénovation. «
Juridiquement, le ministre a raison. Les bâtiments des écoles appartiennent aux communes, tandis que les collèges relèvent des départements et les lycées des régions. Ainsi, la charge de financer la rénovation thermique des établissements scolaires incombe aux collectivités. L’État ne fait qu’apporter une aide au financement de ces rénovations. Lorsque le ministre mentionne les « 3 milliards d’euros », ce montant inclut 2 milliards de prêts remboursables par les collectivités et 1 milliard de subventions directes provenant du Fonds vert dédié à la transition écologique.
Cependant, le Fonds vert a connu une réduction significative au fil des ans : il était de 2 milliards d’euros lors de sa création en 2023, mais seulement 837 millions sont prévus par le dernier projet de loi de finances pour 2026. Un financement jugé insuffisant. Selon un rapport gouvernemental, le coût total de la rénovation des établissements scolaires pourrait atteindre entre 40 et 50 milliards d’euros, un investissement que les collectivités ne peuvent pas assumer seules.
Guillaume Perrin, expert sur les questions de canicule et directeur du programme ACTEE, souligne : « Pour les collectivités, nous aurons une obligation de résultat, mais l’État a une obligation de moyens. Le résultat n’est possible que si nous avons des moyens. Si l’État limite la capacité des collectivités, cela entraîne une diminution des recettes fiscales locales et réduit le fonds principal d’aide à la transition énergétique pour la rénovation des bâtiments scolaires, ce qui crée une équation impossible à tenir. »
Ainsi, bien que les 3 milliards évoqués par le ministre soient réels, ils semblent dérisoires face à l’ampleur des travaux nécessaires.
Source : Franceinfo
