Renault face au Dieselgate : la bataille judiciaire qui ébranle sa réputation
Le 27 juillet 2026, Renault a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour tromperie aggravée, rejoignant ainsi Volkswagen dans le box des accusés du scandale du Dieselgate. Cette affaire met en lumière un affrontement entre les accusations du parquet et la défense du constructeur, soulevant des questions cruciales sur la capacité de Renault à préserver son image face à des réquisitions sévères.
Le match Renault vs Parquet : qui détient les meilleures cartes ?
Le parquet de Paris a énoncé, dans ses réquisitions de juin 2025, que Renault aurait sciemment calibré 1.768.006 véhicules diesel Euro 5 et 294.790 modèles Euro 6 entre 2009 et 2017. L’objectif présumé était de respecter les normes antipollution lors des tests d’homologation, tout en permettant des émissions d’oxydes d’azote plus élevées en conditions réelles. Le parquet qualifie cette approche de « stratégie assumée d’optimisation », adoptée de manière « collégiale » au sein du groupe. Cette tromperie alléguée serait aggravée par des conséquences sanitaires, favorisant la pollution atmosphérique et l’apparition de maladies respiratoires. Le dossier implique près de 2,1 millions de véhicules.
La défense de Renault : homologation légale contre fraude présumée
En réponse, Renault conteste fermement ces accusations. Dans un communiqué, le constructeur déclare que « les limites de fonctionnement de ses systèmes de contrôle des émissions concilient strictement la réduction des émissions et la sécurité des conducteurs ». Renault insiste sur le caractère légal de ses homologations, validées par les autorités françaises et européennes, et affirme n’avoir jamais utilisé de dispositifs frauduleux. Le groupe met en avant une récente victoire en Haute Cour de Justice à Londres, où toutes les demandes contre lui ont été rejetées. Pour Renault, l’optimisation technique ne constitue pas une fraude tant qu’elle respecte les réglementations.
Volkswagen : le précédent qui pèse sur Renault
Renault n’est pas le premier constructeur à faire face à la justice dans le cadre du Dieselgate. Volkswagen, à l’origine du scandale, a déjà été renvoyé devant le tribunal correctionnel après avoir admis la fraude aux États-Unis en 2015. En France, quatre constructeurs, dont Renault, Volkswagen, Peugeot-Citroën et Fiat Chrysler, sont dans la tourmente, tous mis en examen en 2021. Ce contexte judiciaire défavorable accroît la pression sur Renault, alors que l’industrie automobile européenne traverse une crise de confiance, avec des usines fonctionnant à 59% de leurs capacités.
Crédibilité en péril : l’arme redoutable du Dieselgate
Malgré sa récente victoire en Angleterre, Renault doit faire face à des soupçons persistants en France. Les avocats des plaignants espèrent obtenir une condamnation qui pourrait permettre l’indemnisation des propriétaires lésés. La réputation d’un constructeur repose sur la confiance, et le Dieselgate menace cette confiance. À un moment où les gouvernements européens déploient des plans de compétitivité pour soutenir leurs usines, Renault doit naviguer habilement pour éviter une condamnation qui pourrait affaiblir sa position dans un secteur en pleine mutation vers l’électrique.
Source : BFM TV, France Info, La Libre
