Une commune sur trois en France abrite au moins une zone d’activité économique (ZAE). Le Cerema estime leur nombre entre 24.000 et 32.000, représentant plus d’un quart des zones artificialisées du pays. Environ 350 de ces zones concentrent un quart de l’emploi salarié national, selon une étude de l’Insee. Toutefois, beaucoup de ces zones, conçues selon un « urbanisme fonctionnel » et souvent situées en périphérie urbaine, présentent des signes de désuétude, avec des friches et des infrastructures dégradées. Un sondage Opinionway réalisé en novembre 2023 a révélé que le confort des collaborateurs et le prix du foncier sont les deux critères principaux pour les dirigeants lors de l’implantation de leur entreprise.
Face à la raréfaction du foncier et l’application du principe de zéro artificialisation nette, ces ZAE pourraient représenter des opportunités à condition d’adapter leur usage. Dans son rapport sur la mobilisation du foncier industriel, le préfet Rollon Mouchel-Blaisot a évalué à 22.000 hectares les besoins en foncier pour la réindustrialisation d’ici 2030, dont 3.500 hectares pourraient être obtenus par densification et 10.000 hectares par réhabilitation de friches. Plus de deux tiers des intercommunalités ont dû refuser des projets industriels en raison d’un manque de foncier disponible.
« Il va falloir faire mieux avec moins »
Ces constats ont conduit Intercommunalités de France, la Banque des Territoires et la Scet à publier un guide pratique intitulé « Repenser les zones d’activités pour redynamiser les territoires ». Ce document vise à aider les intercommunalités à élaborer une stratégie de revitalisation de leurs ZAE. Depuis la loi Notre de 2015, les intercommunalités sont responsables de ces zones et devaient, selon la loi Climat et Résilience de 2021, en faire l’inventaire avant fin août 2023. Le président d’Intercommunalités de France, Sébastien Martin, souligne que l’enjeu va au-delà du simple foncier, car les entreprises recherchent également des services et des interactions. De nombreuses intercommunalités évoluent vers un rôle d’animateurs économiques locaux.
Le guide présente des étapes pour construire cette stratégie, impliquant les régions, les entreprises et les riverains, tout en offrant des conseils pratiques sur les modes de portage du foncier. Par exemple, la communauté d’agglomération Seine-Eure a mis en place des mes pour faciliter l’accueil des salariés, telles que l’accompagnement à la recherche de logement et des visites du territoire pour les futurs employés. Les auteurs du guide estiment que les ZAE doivent évoluer vers des aménagements favorisant le bien-être au travail des salariés.
. Source : Michel Tendil, Localtis.
