Massif des Vosges. Le programme de réintroduction du grand tétras sur la sellette

Le programme de réintroduction du grand tétras en danger dans le massif des Vosges

Le programme de renforcement de la population de grand tétras, engagé en 2024 pour une durée de cinq ans, est menacé. Ce projet vise à réintroduire cette espèce emblématique du massif des Vosges en implantant des animaux originaires de Norvège. Cependant, face à une mortalité élevée parmi les oiseaux relâchés, le ministère de la Transition écologique envisage de ne pas poursuivre cette initiative à l’issue de l’expérimentation, une information confirmée par le média en ligne Reporterre.

Vers l’achèvement du programme

Le ministère de la Transition écologique a déclaré : « Le retour d’expérience dont nous disposons à ce stade sur la mortalité des individus déplacés, ainsi que les informations disponibles sur l’évolution de l’habitabilité du massif des Vosges à moyen et long terme, nous conduisent à prévoir l’achèvement du programme à l’issue de sa période de validité actuelle. » Lors de la troisième opération de translocation, 17 individus ont été introduits dans le massif en avril 2026, rejoignant les trois à cinq oiseaux qui ont survécu parmi les 16 relâchés au cours des deux premières années.

Un milieu favorable pour le parc

Du côté du Parc naturel régional des Ballons des Vosges, qui supervise l’expérimentation, cette annonce a été accueillie avec réserve. Récemment, une poule réintroduite en 2024 a été observée avec quatre poussins, signalant une adaptation possible au milieu. « Il paraît sage d’attendre l’issue des cinq années d’expérimentation », a déclaré un représentant du parc. Le ministère a confirmé que la troisième opération de translocation, actuellement en cours, se poursuivra jusqu’à son terme.

Les détracteurs appellent à un arrêt plus rapide

Cette réintroduction suscite des controverses au sein des associations locales. L’association SOS Massif des Vosges, opposée à ce programme, estime qu’il représente une perte financière et appelle à un arrêt prématuré du projet. Une lettre sera adressée à la ministre Monique Barbut pour demander l’arrêt rapide du programme. Dominique Humbert-Beretti, président de l’association, a souligné : « L’État ne peut être aveugle à cet échec et continuer jusqu’en 2029. »

Les experts prévoient un taux de mortalité encore plus élevé à cause des conditions climatiques extrêmes, comme la canicule et la sécheresse. Un bilan à mi-parcours, prévu cet hiver, devrait permettre au ministère de prendre une décision définitive sur l’avenir du programme.

Source : DNA

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